Nice

un observatoire sur le télétravail décrypte ce phénomène qui a bouleversé le rapport à l’emploi

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Le télétravail est presque devenu « la norme » dans les entreprises. Un observatoire sur ce sujet est déployé à Sophia-Antipolis dans les Alpes-Maritimes. Les entreprises de la technopole sont passées de 4.800 jours de télétravail à 46.000 jours, pendant la crise. Quelles conclusions sont à observer?

La crise sanitaire a bouleversé notre rapport au travail depuis mars 2020. Avec les vagues successives de confinement et les mesures sanitaires, les entreprises ont dû se réorganiser. Le télétravail s’est imposé comme « une nouvelle norme » qui fait souvent débat. 

Dans les Alpes-Maritimes, la première technopole européenne Sophia-Antipolis qui emploie plus de 36.000 salariés dans 2.500 entreprises, proposait déjà la possibilité de travailler à distance avant la crise, mais la pratique s’est intensifiée.

Un observatoire a été créé pour analyser ce phénomène.    

52 % des salariés actuellement en télétravail

A Sophia Antipolis, le club des entreprises qui regroupe 175 scociétés et près de 50% des emplois, est à l’origine de cet observatoire du télétravail.

Les données reposent sur les réponses de 15.000 salariés, appartenant à tous les secteurs : PME, startups ou encore des centres de recherche publics ou privés. 

Avant la crise, on comptabilisait 4.826 jours de télétravail pour les entreprises du club de Sophia-Antipolis, depuis la crise sanitaire on est grimpé à près de 46 000 jours.

Etienne Delhaye, directeur du club entreprises Sophia- Antipolis

Autre indicateur, pendant la crise, 52 % des salariés étaient en télétravail tous les jours et 15% d’entre eux quatre jours par semaine. A l’inverse, avant la crise, 85% des salariés avaient accès au télétravail mais les 3/4 ne le pratiquaient jamais. 

Le télétravail, pour ou contre ? 

Si aujourd’hui près de la totalité des entreprises se sont mises à pratiquer le télétravail, le faire perdurer dans le temps est un sujet qui fait débat au sein des salariés. 

En effet, certains avantages sont soulignés : 80% des sondés reconnaissent être plus heureux en travaillant chez eux et près d’un tiers souligne la diminution des risques et des désagréments des trajets routiers quotidiens. 

Un sentiment partagé par cette salariée :

Depuis trois semaines, je reviens en présentiel 4 jours par semaine mais je conserve le télétravail le mercredi, pour être avec mes enfants. Pouvoir travailler depuis chez soi, ça évite les nombreux allers-retours, avec les outils de mises en relation à distance, on s’habitue vite.

Isabelle Callisto, informaticienne au sein de l’entreprise Oxya

Dans son entreprise qui ne pratiquait pas le télétravail avant la crise, 60% des employés souhaitent dorénavant travailler à distance plus de deux jours par semaine. 

Sur les réseaux sociaux, certaines personnes n’hésitent d’ailleurs pas à « faire preuve d’ironie » sur le retour en présentiel et les inévitables embouteillages : 

Néanmoins, pour beaucoup, l’isolement pèse sur leur moral. Des études récentes font état d’une explosion des cas de burn-out depuis un an.
« Le taux de burn-out a doublé en un an, culminant à 2 millions de personnes en burn-out sévère », constate pour Europe 1 Christophe Nguyen, à la tête du cabinet franco-québécois Empreinte Humaine, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux (burn-out, dépressions, suicides…) ».

Un constat partagé à 85%, selon le sondage réalisé. Isabelle Callisto confirme : 

« La dimension humaine avec mon équipe me manque, on est en « open space » et lorsque je suis en présentiel je suis souvent seule, j’en souffre. » 

Dans un lieu de travail, il y a souvent la fameuse machine à café pour se retrouver et échanger. Même si le travail peut, lui, être assuré à distance. 

Le directeur du club entreprises de Sophia-Antipolis ajoute : 

En ce qui concerne les entreprises, si on se projette, c’est assez partagé, 50% envisagent un accroissement du télétravail et 50% une réduction du télétravail

Au sein de la technopole, les métierss sont assez compatibles avec le télétravail, le processus s’est donc déployé rapidement. Les principales difficultés ont été concentrées sur le secteur de la Recherche et du Développement : le travail scientifique nécessite souvent d’être exécuté en présentiel, notamment pour les expérimentations. 

Un assouplissement des règles le 9 juin 

Le gouvernement prévoit un retour progressif au travail en présentiel à partir du 9 juin. Après plus d’un an de crise sanitaire, certains se sont habitués et organisés pour bien télétravailler et d’autres n’ont qu’une hâte : revoir leurs collègues en chair et en os ! 

Mais à Sophia-Antipolis, le 9 juin ne devrait pas être une date aussi déterminante. En effet, certaines entreprises ont déjà anticipé le retour en télétravail. Ainsi la société Amadeus, fournisseur de solutions technologiques dans le secteur du voayge, a sondé ses 4.300 salariés. Ils sont 600 a demander à pouvoir prolonger l’expérience.

En revanche, d’autres ne souhaitent pas modifier ces habitudes pour l’instant.

Etienne Delhaye précise : « les changements à observer devraient avoir lieu en septembre. A la rentrée, nous regarderons où en sont les entreprises par rapport au télétravail. »

A l’échelle nationale, 61% des dirigeants, managers et salariés, tous secteurs confondus, s’accordent sur « l’impossibilité d’un retour au travail d’avant », selon un sondage de l’éditeur de solutions logicielles de gestion RH Bodet Software.

Le ministère du Travail a dévoilé ce mercredi 2 juin le nouveau protocole sanitaire que les entreprises françaises devront respecter à compter du 9 juin.

Le texte stipule en effet que les employeurs devront fixer « dans le cadre du dialogue social de proximité, un nombre minimal de jours de télétravail par semaine, pour les activités qui le permettent ». Les employeurs et syndicats devront donc décider si les salariés sont autorisés à travailler un, deux, trois jours (ou plus) par semaine.

Le ministère du Travail rappelle en effet que « le télétravail peut être considéré comme une des mesures les plus efficaces pour prévenir le risque d’infection au SARS-CoV-2 dans un objectif de protection de la santé des travailleurs ».

  • Le port du masque restera la norme en entreprise (adaptable si la personne est en bureau seul)
  • Il est demandé de préférer les réunions en audio ou en visioconférence à celles regroupant un grand nombre de salariés dans un même espace. 
  • Six personnes par table dans les cantines.
  • Le protocole recommande tout de même de ne pas réunir plus de 25 personnes et d’organiser ces regroupements en extérieur.

Donc pour les départs à la retraite ou les naissances, pas de grande fête !





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