Nice

un an de Covid-19 dans les Alpes-Maritimes raconté par les statistiques

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Inédite par son ampleur, l’épidémie de Covid-19 l’est aussi par la précision de son suivi statistique. Chaque jour, des dizaines de données sont publiées, scrutées, commentées. Avec une année de recul, ces « data » illustrent très précisément ce qu’on vécu les Alpes-Maritimes.

Ce sont des chiffres scrutés à la loupe, analysés, commentés quotidiennement. Il y a un an pourtant, la majorité des Français n’avait jamais entendu parler de « taux d’incidence » ou de nombre « R » de reproduction du virus. Aujourd’hui, ces indicateurs sont devenus familiers pour beaucoup.

Ces données traduisent une réalité sanitaire et servent de fondement aux décisions politiques prises « pour limiter la propagation de l’épidémie de Covid-19 », comme le confinement partiel – le week-end dans 63 communes dites « du littoral » – en vigueur ces trois dernières semaines dans une partie du département. Elles sont pourtant complexes à interpréter au jour le jour, comme lorsqu’une apparente flambée cache un simple rattrapage de données…

Avec le recul, ces chiffres dessinent pourtant le vrai profil de l’épidémie. Et dans les Alpes-Maritimes, il est plutôt atypique : relativement épargné lors de la « première vague », le département est devenu, début 2021, « le plus touché de France ».

Une vague… puis un tsunami

Au printemps 2020, alors que la France vit son premier confinement, la situation dans les Alpes-Maritimes n’a rien d’alarmant. Rapporté à la population, on y dénombre presque deux fois moins de malades hospitalisés qu’en moyenne sur l’ensemble du pays : autour de 25 hospitalisations pour 100.000 habitants contre près de 47 selon les données de Santé publique France.

Des patients de la région Grand-Est, la plus durement frappée alors, sont même transférés à Nice, où la place ne manque pas dans les hôpitaux.

Les taux d'incidence montrent l'évolution atypique de l'épidémie dans les Alpes-Maritimes à partir de la fin 2020.

Les taux d’incidence montrent l’évolution atypique de l’épidémie dans les Alpes-Maritimes à partir de la fin 2020.

© Capture Santé publique France

Après un été de répit, comme ailleurs dans le pays, la « deuxième vague » arrive assez progressivement. Une première alerte en septembre dans les Alpes-Maritimes, puis une hausse progressive des hospitalisations à partir du mois d’octobre. Mais le département reste plutôt « bon élève », avec des chiffres toujours inférieurs à ceux de la moyenne nationale.

Tout bascule en décembre. Alors que dans le reste du pays les services hospitaliers connaissent une nette décrue, les Alpes-Maritimes marquent un premier plateau haut, suivi dès Noël d’une nouvelle augmentation du nombre de malades hospitalisés.

Elle sera ininterrompue durant un mois !

Depuis la fin du mois de janvier 2021, le nombre de patients Covid hospitalisés dans les Alpes-Maritimes occupe un deuxième « plateau » encore plus haut que le premier. Autour de 350 lits sont occupés en permanence depuis deux mois et demi d’après les chiffres de l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte-d’Azur (et près de 700 si on compte les patients en « soins de suite »). Lors de la « première vague », ce plateau n’avait duré que trois semaines, sans jamais dépassé la barre des 300 lits occupés.

130 malades en réanimation ce mercredi 17 mars, un record

Avec un nombre de cas inédit (le pic d’incidence semble avoir été atteint ce 24 février avec 642 cas pour 100.000 habitants), les formes graves connaissent logiquement une hausse jamais vue jusqu’alors. Le nombre de patients Covid en réanimation n’a pas cessé d’augmenter depuis le début de l’année 2021.

Une situation inédite, qualifiée de « catastrophique » dès le 21 février par le maire de Nice Christian Estrosi.

Situation qui a convaincu la préfecture des Alpes-Maritimes d’imposer un confinement le week-end dans 63 communes dites « du littoral » azuréen à partir du 27 février, et d’organiser des évacuations sanitaires. Seize patients ont déjà été transférés vers d’autres régions moins touchées depuis la fin février.

Un nouveau record d’occupation a encore été atteint ce mercredi 17 mars avec 130 patients en réanimation. C’est presque 50% de plus que lors du pic de la « première vague », le 9 avril 2020 ! Il y avait alors 87 patients Covid en services de réanimation dans les Alpes-Maritimes.

Plus de 1.600 morts en un an

La Covid-19 a déjà fait au moins 1.655 morts dans les Alpes-Maritimes, dont plus d’un quart parmi des résidents d’Ehpad. La majorité des victimes sont âgées de plus de 75 ans.

Lors de la « deuxième vague », l’Insee notait une surmortalité, toutes causes confondues, de 14,3% dans les Alpes-Maritimes (du 1er septembre au 31 décembre 2020 par rapport à la même période en 2019). Et cette tendance s’est encore aggravée en 2021.

A la mi-janvier, les Alpes-Maritimes ont connu une surmortalité inédite.

Sur les deux premiers mois de l’année, l’Insee relève déjà une surmortalité de 21,5% dans les Alpes-Maritimes.

Depuis un mois, en moyenne 8 à 9 malades de la Covid-19 décèdent chaque jour dans le département.

La faute au « variant anglais » ?

La flambée épidémique qui touche les Alpes-Maritimes depuis le début de l’année 2021 coïncide avec le développement du « variant anglais ». Le département a été l’un des plus rapidement touchés par cette forme plus « transmissible » de la Covid-19.

Les premiers cas sont détectés dès la mi-janvier. Il représente déjà près de 50% cas à la mi-février. Le 8 mars, 85% des cas détectés correspondent au « variant anglais », contre moins de 7% pour la souche classique de la Covid-19, faisant des Alpes-Maritimes l’un des départements où cette forme du coronavirus est la plus présente. C’est l’une des raisons, avec la densité urbaine et le flux de population importants, qui peuvent expliquer que le département subisse une telle flambée épidémique.

Et demain ?

Les chiffres ne permettent pas de prédire l’avenir. Mais si la tendance actuelle se poursuit, les Alpes-Maritimes iront vers une embellie. Depuis le 24 février, le taux d’incidence est orienté à la baisse. En trois semaines, ce taux a reculé de presque 30%.

Le nombre de personnes hospitalisées semble très légèrement baisser, tandis que le nombre de nouvelles admissions recule depuis une dizaine de jours. Cette tendance laisse d’espérer une baisse progressive du nombre de personnes hospitalisées dans les prochains jours, puis du nombre de malades graves, en réanimation, dans les prochaines semaines.

La progression du nombre de personnes vaccinées devrait également participer à l’enrayement du nombre de contaminations, et donc de cas graves.

Plus de 110.000 Azuréens, soit 10% de la population des Alpes-Maritimes, ont reçu au moins une dose de vaccin selon le ministère de la santé.





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