Nice

Tabac, chocolat, alcool… Conseils d’addictologues pour bien vivre cette période

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Ras-le-bol d’être confiné(e) ? Marre de télétravailler ? Impossible de s’endormir ? Envie de rien ? Fatigué(é) de tout ? En plus, il fait nuit à 17h ! Le traditionnel blues de l’automne se double du confinement saison 2. Pour vous aider, nos avons demandé conseil à un addictologue.

Problèmes d’argent, absence de perspective, organisation familiale chaotique… La crise sanitaire a bousculé les lignes en matière de vulnérabilité. Elle a accentué certains risques et en a fait émerger de nouveaux.
Ainsi, les deux tiers des salariés déclarent s’être sentis fragiles devant le risque infectieux, pour eux-mêmes mais encore plus pour leurs proches.

Comme le détaille Philippe Duport de FranceInfo selon un baromètre Malakoff Humanis publié cette fin novembre :

La colère, l’énervement ont cédé le pas à la tristesse, au désespoir pour certaines personnes. Conséquence : vous fumez cigarettes sur cigarettes, vous prenez l’apéritif seul(e), à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Des pratiques qui relèvent parfois de l’addiction.

Dr Christian Carrère, responsable de l’unité d’addictologie de l’hôpital l’Archet à Nice en fait le triste constat :

C’est catastrophique : on a une explosion des consommations tous produits confondus, tabac, alcool, médicaments à base d’opiacés… Lors du premier confinement, la consommation a augmenté pour un quart des fumeurs habituels

Christian Carrère, psychiatre – addictologue à Nice

Le psychiatre addictologue à la tête de ce service ouverte en 2011 s’attend même à un rebond de la mortalité à plus long terme. « Cette consommation est clairement liée au désœuvrement et de la perte de jalons temporels tout au long de la journée ». Selon lui, c’est le fait de fumer qui peut rythmer les journées durant les confinements.

Le Docteur Christian Carrère était l'invité du journal le 19 novembre dernier.

Le Docteur Christian Carrère était l’invité du journal le 19 novembre dernier.

© FTV

Plus d’un quart des fumeurs (27%) a fumé davantage durant le confinement, selon une enquête de l’agence sanitaire Santé publique France publiée en mai dernier. Ce sont les 25-34 ans (41%) et les personnes travaillant à domicile (37%) qui indiquent le plus fréquemment fumer plus.
L’opération « mois sans tabac » se termine ce lundi :
 

L’alcool stable

Le versant alcool « semble moins défavorable, avec environ un consommateur sur dix déclarant avoir augmenté sa consommation » mais près d’un quart l’a diminuée, selon cette même étude de Santé publique France.

  • 65% des sondés affirment que leur consommation a été stable
  • 24% qu’elle a diminué. 

Parmi ceux qui déclarent avoir bu davantage, la moitié (51%) a augmenté sa fréquence de consommation, 10% le nombre de verres bus les jours de consommation et 23% les deux.

Autres addictions en vente libre : les bonbons, le chocolat…

Vous avez fait les courses pour une semaine… mais les stocks sont épuisés en 3 jours ! Vous ouvrez la porte du frigo machinalement, plusieurs dizaines de fois par jour ? Sans raison ? Comment faire pour ne pas succomber à ces multiples tentations ? Comment retrouver le moral dans cette période tourmentée ?

Nous avons cette fois posé la question à Guillaume Ceruti, médecin-psychiatre Addictologue lui aussi au CHU de Nice. Pour lui pour bien vivre cette période de confinement il faut :

  • Essayer de structurer son temps, de rythmer son temps

« Car le temps des fumeurs n’est pas le même que celui des non-fumeurs : un fumeur a besoin de sa dose de nicotine toutes les deux heures et demie. Mais quand on travaille de chez soi, il n’y a plus forcément d’interdiction de fumer seul devant son écran. D’où une explosion de la consommation : on constate une hausse de 17% d’achats de paquets de cigarettes. »

Selon lui le plus important est de se faire aider mais « pour arrêter la cigarette il mieux vaut oublier l’acupuncture et l’hypnose » :

Selon certaines études, un quart des fumeurs a augmenté sa consommation pendant le premier confinement.

  • Faite un minimum d’activité physique à la maison. On peut d’ailleurs commencer par ranger : à peu près tout (si vous ne l’avez pas fait au 1er confinement !); les placards de la cuisine, son armoire, trier ses vêtements, les armoires des enfants, les étagères remplies de jeux plus ou moins utiles, les tiroirs fourre-tout, les papiers administratifs, les photos archivées ou pas dans l’ordinateur.
  • Avoir une bonne hygiène de vie

« Cela passe par une alimentation saine et équilibrée avec des fruits et légumes de saison. Et cette fois, les marchés restent ouverts », selon Guillaume Ceruti.

  • Occuper son esprit en s’évadant culturellement, ne pas oublier les musées virtuels, les activités culturelles traditionnelles (mais pas devant un écran) : jeux de société, lectures, musique…

« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es » 

On le sait les Français ont pris du poids, environ 3 kilos lors du premier confinement. Alors, pensons à ce que nous mangeons.  Pour Ethan Green, naturopathe : « on vit quelque chose que personne n’a jamais vécu, ça a déclenché un stress, une peur… Je vois des cas de personnes terrifiées, sûres d’attraper le Covid-19. Il y a la peur de mourir, la peur pour ses proches… Beaucoup de patients en ligne, ont la trentaine et ils mangent mal. »

Alors ses conseils :

  • Manger, le moins de choses préparées d’avance
  • Eviter les colorants, les additifs, le stress, l’inquiétude
  • Il faut acheter des légumes, les cuire, les broyer, « il faut suivre un chemin, la motivation est très importante »
  • Profiter des marchés locaux qui sont ouverts

Et de de conclure avec une belle touche d’optimisme : « j’ai des patients qui ont repris des cours de langue avec le temps, le confinement a déclenché la possibilité de se donner un challenge personnel ».
Pourquoi ne pas se remettre au grec ancien ? Apprendre le japonais ? Découvrir la poterie via des tutos sur YouTube?  Faire son compost, son carré d’herbes aromatiques, des conserves (on est en fin de saison pour la plupart des fruits mais les agrumes arrivent), découvrir une danse latine…

Mais aussi se tourner vers les autres, les aider.

Et vous, par quoi allez-vous commencer ?

 

Pour se faire aider

Le service d’addictologie du CHU de Nice est constitué d’un Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) disposant de trois antennes (Archet 2, Malaussena à Nice et Menton) et d’une unité d’hospitalisation de 14 lits. Suite à la fermeture temporaire liée à la crise sanitaire du service d’hospitalisation, une partie de l’équipe d’addictologie a créé une plateforme téléphonique pour assurer la continuité des soins.
Destinée aux patients ainsi qu’aux professionnels de santé pour des avis de prise en charge, l’équipe est joignable du lundi au vendredi de 9h à 17h au 04 92 03 21 57.

  • Au niveau national pour les salariés en détresse > 

La « détresse psychologique » non traitée peut déboucher sur  des maladies psychosomatiques ou bien des addictions. Un numéro vert, le 0800 13 00 00, vient d’être mis en place pour répondre aux salariés qui ont besoin d’aide.Tabac Info Service peut vous aider au 39 89.

 



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