Nice

recherches en cours et dégâts colossaux

Notez cet article


Les recherches se poursuivent une semaine après les crues meurtrières du vendredi 2 octobre. Neuf personnes sont toujours portées disparues et 13 autres « supposées disparues », selon les pompiers des Alpes-Maritimes. Les dégâts commencent à être estimés.

 

Cinq corps retrouvés, 21 personnes toujours disparues… des dégâts colossaux et des habitants toujours coupés du monde dans certains villages des trois vallées : la Vésubie, la Roya et la Tinée. Une semaine après la catstrophe, le bilan humain est lourd. La facture des travaux ne cesse de s’allonger. Si certains villages de montagne retrouvent peu à peu un semblant de vie normale, d’autres sont toujours coupés du monde à Fontan, Tende et la Brigue.

« Brutalité absolue »

Les crues d’une « brutalité absolue »et d’un niveau jamais atteint jusqu’à aujourd’hui ont commencé le vendredi 2 octobre au soir et ont causé d’immenses dégâts. Une semaine après, les recherches et les opérations de secours aux sinistrés se poursuivent vendredi dans les Alpes-Maritimes. 

Père de trois enfants

Un pompier a été retrouvé, il s’agit de Bruno Kohlhuber, 49 ans. L’homme, père de trois enfants, était sapeur-pompier à la caserne de Cagnes-sur-Mer. Son corps a été retrouvé le mercredi 7 octobre, à Carros dans le lit du fleuve Var, à plus de 80 kilomètres de l’endroit où il avait été emporté par les flots. Son collègue pompie volontaire, Loïc Millo, âgé de 31 ans, est toujours recherché. Les deux pompiers avaient pris la route pour secourir les habitants sinistrés. La maire de la Bollène-Vésubie avait vu leur véhicule sombrer dans la Vésubie.

Le corps du pompier Bruno Kohlhuber, 49 ans, a été retrouvé dans le lit du fleuve Var le mercredi 7 octobre 2020

Le corps du pompier Bruno Kohlhuber, 49 ans, a été retrouvé dans le lit du fleuve Var le mercredi 7 octobre 2020

© SDIS 06

 

Levées de doutes

Une minute de silence a été observée à la mémoire du capitaine de sapeur-pompier dont le corps a été identifié jeudi. Sur l’antenne de France 3 Côte d’Azur, le commandant des sapeurs-pompiers, responsable du Codis 06, Fabrice Gentili, s’est exprimé sur la disparition de son collègue :

L »émotion est grande. Malheureusement dans cette tragédie, c’est tout le paradoxe, c’est un soulagement d’avoir retrouvé un des nôtres. Bien évidemment, on pense à la famille et à tous ceux qui ont connu Bruno de près ou de loin. Ça permet de faire son deuil.

Le commandant des sapeurs-pompiers, responsable du Codis 06, Fabrice Gentili

« 9 parties de corps ont été retrouvées »

Les recherches sont particulièrement difficiles. Le commandant des sapeurs-pompiers a aussi fait part des récentes découvertes : « 9 parties de corps ont été retrouvées et sont en cours d’identification par la médecine légale. » Des brigades cynophiles recherchaient des corps dans le lit de la rivière et jusqu’à la zone commerciale de Cap 3000. Des identifications qui s’annoncent complexes car les cercueils de trois cimetières ont été submergés. Certaines tombes se sont ouvertes. Les marins-pompiers de Marseille ont retrouvé des « corps en décomposition avancée » dans les jardins des habitants. 

Les secouristes spécialisés dans la recherche en milieux aquatiques et eaux vives, dans l'embouchure du Var, à Saint Laurent du Var (Alpes-Maritimes) ce vendredi 9 octobre, recherchent des corps.

Les secouristes spécialisés dans la recherche en milieux aquatiques et eaux vives, dans l’embouchure du Var, à Saint Laurent du Var (Alpes-Maritimes) ce vendredi 9 octobre, recherchent des corps.

© Djamel Mouaki – FTV

 

Trois villages sont toujours sans accès

Actuellement, le bilan est de 6 personnes décédées, 9 personnes portées disparues et 13 supposées disparues. Depuis le début de l’épisode, il y a eu 671 interventions, 1276  personnes ont été mises en sécurité dont 814 par hélicoptères. 
Vendredi 9 octobre, les effectifs mobilisés étaient de 1142 personnes dont 775 personnes engagés sur le terrain (parmi lesquels 450 renforts extérieurs). Douze hélicoptères sont présents dans le département pour assurer des rotations de vivres ou transporter des personnes. Ce soir, 3 villages sont toujours sans accès : Fontan, Tende et la Brigue. En plus de la recherche de personnes disparues et du ravitaillement dans les zones enclavées, les pompiers évaluent les bâtiments.

Bombardement

En quelques heures, un déluge d’eau équivalent à la pluviométrie de la moitié de l’année 2019 s’est abattu le 2 octobre sur le département, causant des crues « hors norme » et d’une « brutalité absolue », a rappelé le président du département, Charles-Ange Ginésy. Plus de 500mm d’eau par endroits, un record. Comparées par plusieurs élus et responsables à un bombardement, les intempéries ont anéanti de nombreuses infrastructures vitales et plusieurs vallées sont désormais « inaccessibles pour plusieurs mois », a-t-il dit.

« Un amas de gravats »

Il s’agit en particulier de la Vésubie au nord de Nice et de la Roya, où la route panoramique franco-italienne « n’est plus qu’un amas de gravats ». « Ces vallées seront marquées pour des années et la reconstruction sera longue et difficile », a-t-il ajouté, avant le vote d’une enveloppe départementale immédiate de 17 millions d’euros, et une décision d’engagement de deux tranches d’emprunt en 2020-21 pour un montant total de 200 millions d’euros. 

Une facture estimée à 1 milliard d’euros par le député (LR) Eric Ciotti, même si il est encore trop tôt pour chiffrer. En visite sur place mercredi, le président Emmanuel Macron a promis que l’Etat mettrait sur la table « à coup sûr plusieurs centaines de millions d’euros » pour la reconstruction.

Le président de la République Emmanuel Macron s'est rendu à Tende et à Saint-Martin-Vésubie le mercredi 7 octobre pour rencontrer les habitants sinistrés.

Le président de la République Emmanuel Macron s’est rendu à Tende et à Saint-Martin-Vésubie le mercredi 7 octobre pour rencontrer les habitants sinistrés.

© FTV

 

Rotations d’hélicoptères incessantes

L’heure est toujours aux urgences, avec des rotations d’hélicoptères incessantes de 7H à 22H vers la Vésubie et la Roya pour ravitailler les communes encore isolées mais aussi aider à l’évaluation des dégâts. « Il y a 31 hélicoptères en vol et ça, tous les jours depuis samedi. Les mises en sécurité de personnes qui voudraient descendre, il y en a très peu (désormais). Par contre, on est dans la reconstruction », avait commenté jeudi Thierry Cacherat, chef interbase du groupement d’hélicoptères de la Sécurité civile pour la région sud. La complexité des opérations par hélicoptères est redoublée par la particularité du relief, des vallées étroites, traversées par de nombreux câbles et où les appareils perdent le réseau radio.

Solidarité, l’entraide et la connaissance du territoire

Heureusement, depuis le début des intempéries, la solidarité, l’entraide et la connaissance du territoire ont permis d’éviter des drames. Dans ces vallées enclavées, tous se connaissent. Les habitants se sont donc spontanément transformés en bénévoles pour les différentes missions qui sont apparues : distribution d’eau, de vivres, relogement des personnes sinistrées, prêt de baudriers pour emprunter le pont de la Vésubie, tri des vêtements collectés, organisation de repas collectifs au sein des villages. 

Priorité est donnée et aux services de secours

Une solidarité qui s’exerce et qui s’ajuste aussi au jour le jour en fonction des besoins, sur les réseaux sociaux. Et beaucoup de personnes cherchent à aider les habitants sinistrés. Mais d’ores et déjà, la Métropole appelle chacun à la plus grande prudence et invite les conducteurs à éviter de circuler dans les Vallées de la Tinée et de la Vésubie. Des routes ont été dégagées pour y accéder mais la priorité est donnée et aux services de secours véhicules transportant des biens de première nécessité. 

Contrôles

Deplus, des intempéries sont annoncées sur les hauteurs ce week-end « ce qui pourraient mettre à mal la chaussée déjà dégradée », prévient la métropole dans un communiqué : « des contrôles seront effectués pour s’assurer de la sécurité de chacun et les habitants sont invités à ne se déplacer que si cela est absolument nécessaire. » Des mesures de prudence pour ne pas surcharger les services de secours toujours mobilisés ce week-end.

 



Source link

Autres articles

« on est proche de la vérité » selon l’association des victimes du crash

adrien

The Avener au château ce samedi, soirées de quartiers et Dj aux balcons, l’été se déconfine

adrien

Déconfinement : Redémarrage en douceur pour les plages privées des Alpes-Maritimes

adrien

De Saint-Tropez à Monaco, le point sur les événements culturels et sportifs maintenus dans le Var et les Alpes-Maritimes

adrien

52 ans après le crash l’armée fournit des documents insuffisants pour les familles des victimes

adrien

Routes coupées, tramway perturbé…Tout savoir sur la circulation durant la venue du Tour de France à Nice cette semaine

adrien