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Protoxyde d’azote : la drogue hilarante des ados qui inquiète les autorités sanitaires en Paca

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Impossible de passer sans les voir. Reflétant l’éclat du soleil dans les caniveaux du quartier Mourepiane ou Saint-Henri à Marseille, les capsules brillantes, vides, jonchent le sol par dizaines, avec ici où là quelques ballons de baudruche.

« Depuis quelques semaines on en voit tous les jours, et beaucoup », explique un habitant du quartier. 

Des groupes de jeunes adultes ne s’en cachent d’ailleurs pas. On peut les croiser plusieurs fois par jour et le soir, versant puis inhalant dans des ballons le contenu des cartouches.

Des capsules de protoxyde d'azote sur la chaussée, quartier Mourepiane à Marseille, le 8 juin. / © FTV
Des capsules de protoxyde d’azote sur la chaussée, quartier Mourepiane à Marseille, le 8 juin. / © FTV

En vente libre pour les siphons d’appareils à crème Chantilly

Pas de quoi se cacher en effet : ces cartouches contenant du gaz, le protoxyde d’azote (NO2), sont accessibles en vente libre, environ 50 centimes pièce, dans les épiceries et les supermarchés.

Elles sont utilisées notamment dans les siphons d’appareils à Chantilly, mais aussi détournées en raisons des effets euphorisants du protoxyde d’azote, dont la consommation peut avoir des conséquences graves.

En 2019, des dizaines de cas d’effets sanitaires ont été signalés, dont au moins huit cas d’atteintes neurologiques graves, principalement dans la région Hauts-de-France. 

Sur son compte Twitter, la préfecture des Alpes-Maritimes évoque « des signalements provenant des services de police et de gendarmerie faisant état d’une recrudescence de l’usage détourné (consommation) de cartouches de protoxyde d’azote ». 

Risques de troubles neurologiques

La préfecture évoque des dangers liés à la mise en danger de la vie d’autrui, en raison de la distorsion des perceptions et des risques d’accidents, ainsi que des risques de troubles neurologiques.

Des risques immédiats, « asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, risque de chute, d’étouffement », ou liés à une utilisation régulière tels que « atteintes du système nerveux et de la moëlle épinière, troubles psychiques », sont ainsi évoqués. 

En novembre 2019, la Direction générale de la Santé et la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie avaient déjà publié une mise en garde. Et début 2019, le centre d’addictovigilance avait signalé un « usage récréatif inquiétant ».

Le NO2, à la mode et facile d’accès

« La consommation de gaz euphorisant et hilarant n’est pas nouvelle », précise Christophe Lançon, responsable du service addictologie à l’APHM, Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille. 

« En revanche, le phénomène du moment, c’est le détournement de ces capsules à usage ménager », précise le professeur, qui alerte par ailleurs lui aussi sur les risques physiques et psychiques.

« Les complications sont liées au fait que les substances du protoxyde d’azote, inhalées, sont absorbées immédiatement par les muqueuses respiratoires et passent très vite dans le sang et dans le cerveau ».

Un effet shoot très rapide, qui ne dure d’ailleurs qu’une vingtaine de secondes et incite à des reprises rapides.

La consommation de ces substances psychoactives peut ainsi entraîner au niveau physique, tachycardie, troubles cardio-vasculaires, et neurologiques (désorientation, vertiges).

A tel point que la vente aux mineurs, y compris sur les sites de commerce en ligne, est dans le collimateur du Sénat. Une proposition de loi a été adoptée. Elle doit encore être soumise à l’Assemblée nationale. 

Capsules de protoxyde d'azote jetées / © FTV
Capsules de protoxyde d’azote jetées / © FTV

Le chef du service addictologie signale aussi de possibles effets psychiques (états délirants, confusion).

« Chez certaines personnes la consommation de ce type de substance psychoactive peut même accélérer l’appartition de troubles psychiatriques », précise Christophe Lançon.

A ce jour, les services d’addictologie n’ont pas enregistré de recrudescence de fréquentaion en lien avec la consommation de protoxyde d’azote. Mais les agences régionales de santé sont alertées. 

Les consultations jeunes consommateurs et drogue-info-service proposent des dispositifs découte de conseil et d’aide à distance.





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