Image default
Nice

Nice : “J’ai des collègues qui ont envie de rendre les armes” dénoncent les syndicats de police

Nice : “J’ai des collègues qui ont envie de rendre les armes” dénoncent les syndicats de police
5 (100%) 2 vote[s]


Ils étaient ovationnés au moment des attentats et ils sont vilipendés en cette période de manifestations contre les violences policières. Les Alpes-Maritimes comptent 1 800 policiers, qui ne comprennent pas ce qui arrive.

« Ce pays est schizophrène », déplore Laurent Martin de Frémont secrétaire départemental Unité SGP  Police 06, le syndicat majoritaire dans les Alpes-Maritimes.

Depuis 2015, nous avons eu les attentats, la loi Travail, les Gilets Jaunes, le Covid. Nous sommes épuisés, on n’a pas pu prendre de congés pendant des mois pour être avec nos familles. On pensait avoir retissé un vrai lien avec nos concitoyens, on pensait que c’était sincère.  

Et il reprend :  » On accepte d’être contrôlé, d’ailleurs nous sommes une profession qui l’est constamment et le moindre manquement  fait l’objet d’une enquête. »

Certains propos sont intolérables c’est vrai, mais quand on se fait insulter, caillasser, que vous faites l’objet de tirs de mortier dans certains quartiers, ils peuvent y avoir des mots qui fusent.

Laurent Martin de Frémont secrétaire départemental Unité SGP  Police 06, sur France Bleu Azur :

Les annonces du ministre de l’Intérieur posent question

« Tolérance zéro pour chaque soupçon avéré d’actes ou de propos racistes », contrôles renforcés et interdiction de la méthode d’interpellation dite « de l’étranglement »: après plusieurs manifestations en France contre le racisme et les violences policières ce week-end en échos aux Etats-Unis et la mort de George Floyd, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a annoncé des mesures :

L’abandon de la méthode d’interpellation policière controversée de la « prise par le cou, dite de l’étranglement » ne sera donc plus enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie. C’est une méthode qui comportait des dangers », précise le ministre qui souhaite privilégier le pistolet à impusions électriques, autrement dit le taser.

Comment interpeller un homme très grand, agité, qui refuse d’obtempérer ? se demande Laurent Martin de Frémont ?

« Cette « clé d’étranglement » enseignée lors d’une formation de 12 mois, est une technique d’immobilisation dans l’instantanéïté pour amener l’individu au sol sur le dos et lui mettre les menottes. L’utilisation du taser est réservé à certaines situations ( distance de 3 mètres) il faudra en mettre en fabrication pour chaque policier et nous former… et des formateurs, il n’y en a plus beaucoup. »

Plusieurs manifestations en France contre le racisme et les violences policières se sont tenues en échos aux Etats-Unis et la mort de George Floyd, ici à Nice le 6 juin / © Alex Olijnyk
Plusieurs manifestations en France contre le racisme et les violences policières se sont tenues en échos aux Etats-Unis et la mort de George Floyd, ici à Nice le 6 juin / © Alex Olijnyk

Karine Jouglas, secrétaire départementale du syndicat Alliance Police Nationale des Alpes-Maritimes, se dit écoeurée, abasourdie par ces annonces du ministre, prise selon elle à chaud, face à la pression de la rue. « Nous sommes complètement lâchés » dénonce t-elle et elle conteste le terme « technique  d’étranglement ».

Les policiers n’étranglent pas, nous interpellons à 2 ou 3 et le policier ne saisit jamais la gorge avec ses mains, la technique est apprise et validée en école de police. Mon syndicat appelle à ne plus interpeller, nous ne voulons pas commettre de violences policières !

Karine Jouglas précise que le numéro 17 (numéro d’urgence de la police) reçoit chaque jour dans les Alpes-Maritimes entre 700 et 800 appels, qui conduisent à 150 à 170 interventions ( c’est une moyenne) qui ont lieu sans incidents majeurs.

Le syndicat SGP Police précise de son côté qu’il sera reçu par le ministre Castaner pour évoquer toutes ces nouvelles contraintes.

Les citoyens oublient que nous somme là pour faire respecter les lois de la République et sauver des vies. Nous sommes les « gardiens de la paix » et nous travaillons toujours sur le fil en terme de moyens et d’effectifs

conclut Laurent Martin de Frémont, très amer.

La clé d’étranglement, et la mort d’Akim Ajimi 

La clé d’étranglement avait été à l’origine du décès d’Akim Ajimi, décédé en 2008 suite à une interpellation à Grasse.  L’affaire a été jugée et les mis en cause condamnés, conclut Laurent Martin de Frémont qui rappelle que des erreurs d’appréciation ou des mauvais comportements se produisent dans toutes les professions.

  





Source link

Related posts

le terminal 2 rouvre en totalité, le terminal 1 n’ouvrira pas avant mars 2021

adrien

« on dirait que les gens se sont lâchés pendant le confinement ! »

adrien

Réouverture de lieux culturels : nos idées pour ce week-end sur la Côte d’Azur

adrien