Nice

Les noyades augmentent, explications avec des professionnels du secteur sur la Côte d’Azur et dans le Var

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Une enquête de Santé Publique France rapporte 314 cas de noyades, dont 79 mortelles, en juin et début juillet. Une hausse de 22 % par rapport à la même période en 2018. Comment expliquer cette importante augmentation ?

Plus de 300 noyades accidentelles, dont 79 mortelles, sont survenues en France entre début juin et début juillet, a rapporté ce mardi 13 juillet Santé publique France qui appelle à la vigilance. 

Cette enquête précise que ces noyades sont : « survenues dans le contexte de levée des mesures de restriction déployées pour la gestion de l’épidémie de COVID-19. Ces mesures se sont traduites notamment par une réduction importante de l’activité physique et une prise de poids entrainant une probable altération de la condition physique de la population. »

Sur Twitter, l’organisme rappelle également : 

A Toulon, dans le Var, la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM), enregistre chaque année en moyenne 500 interventions et s’occupe de la surveillance d’une quinzaine de plages. 

En 2020, Patrick Tellier, le directeur de l’association, comptabilisait déjà une augmentation de 10 à 20%, concernant les accidents de noyade.

Selon lui, « certains surestiment leurs capacités physiques et seraient moins vigilants depuis le déconfinement. » La crise sanitaire aurait donc eu un impact sur les conditions des individus, mais comme les autres professionnels du secteur, il souligne d’autres éléments pour justifier cette augmentation. 

Les enfants savent moins bien nager 

La fermeture des piscines municipales durant plusieurs mois à cause des différents confinements a accentué les retards d’apprentissages. Les cours de natation dans le cadre scolaire ont donc aussi été impactés. 

Jean-Michel Lapoux, secrétaire général de la fédération des maitres nageurs alerte sur ces retards depuis plusieurs années :

« le covid 19 n’a fait que les accentuer, les enfants savent nager de plus en plus tard… mais il y a aussi d’autres problèmes, les formations des maîtres nageurs coûtent chères, il y a de moins en moins de professionnels qualifiés pour enseigner. » 

Pour le secrétaire général de cette fédération, il manquerait 1500 à 2000 maîtres-nageurs dans les piscines municipales. 

Pour être titulaire du Brevet Professionnel de la Jeunesse de l’Éducation et du Sport option Activités Aquatiques et de la Natation (BPJEPS), il faut compter plus de 6000 euros et la formation dure sur une année. Des éléments qui peuvent dissuader des potentiels volontaires… 

Pour Jean-Michel Lapoux, un enfant est capable d’apprendre à nager à partir de cinq/ six ans. Il ajoute : « avant cet âge l’enfant a du mal à synchroniser ses mouvements, il n’est pas coordonné et il attrape vite froid… »

Selon ce professionnel, il ne faut pas que l’enfant développe son « aisance aquatique » avant d’être en mesure de savoir nager, sinon il risque de se noyer plus facilement.   

De plus en plus de piscines chez les particuliers 

Parmi les noyades en piscine, 56% ont lieu en piscine privée familiale. Dans 122 cas, ces noyades concernent les enfants de moins de six ans.

« Le schéma de noyade, c’est souvent le même, les parents sont à table sans vue sur la piscine et l’enfant se noie. C’est un schéma classique, ça ne dure que quelques secondes quelques minutes, il n’agite pas forcément les bras, un corps privé d’oxygène commence à mourir 4/5 minutes… après 9/10 minutes, il n’y a plus d’espoir. » 

Jean-Michel Lapoux

Bien que la loi du 1er janvier 2004, stipule :  » à compter du 1er janvier 2004, les piscines enterrées (ou semi-enterrées) non closes privatives à usage individuel ou collectif doivent être pourvues d’un dispositif de sécurité normalisé visant à prévenir le risque de noyade. »

Avec le confinement, de plus en plus de particuliers ont fait le choix de construire des piscines sur leurs terrains, augmentant donc la proportion d’accidents. Une hausse constatée à Nice, par la société SPA Piscine qui a enregistré 10% de ventes supplémentaires.

Leaticia Harrizzi est maître-nageur à Cannes, elle exerce ce métier depuis 25 ans, elle déplore le manque de surveillance des parents: « il faut surveiller ses enfants, même s’il y a des barrières, même s’il y a des alarmes, il faut au moins leur apprendre à récupérer le mur si jamais il tombe dans l’eau. »

Les bons gestes à adopter 

Si les jeunes enfants sont principalement concernés par les noyades, les personnes âgées sont aussi à risque. La fatigue, les arrêts cardiaques ou l’hydrocution sont les principales causes de noyade chez les publics adultes. 

En 2021, les deux catégories d’âges les plus représentées parmi les noyades accidentelles étaient les enfants de moins de 5 ans (21 %) et les personnes âgées de 65 ans et plus (25 %).

Je pense qu’il y a un relâchement avec le dé-confinement, les gens font n’importe quoi, ils ne se renseignent quasiment plus aux postes de secours. On a souvent des hypothermies surtout lorsqu’ils vont jusqu’au 300 mètres et pour le retour c’est délicat, ils sont épuisés.

Patrick Tellier, directeur du SNSM à Toulon

A tous les âges, la baignade comporte donc des risques, mais des gestes simples peuvent être adoptés pour se baigner en toute sécurité.

Pour les plus petits :

  • Apprendre aux enfants à nager le plus tôt possible et les familiariser à l’aisance aquatique dès le plus jeune âge
  • Surveiller les enfants en permanence, toujours rester près d’eux quand ils jouent au bord de l’eau et se baigner avec eux lorsqu’ils sont dans l’eau
  • Chaque enfant doit être surveillé par un seul adulte qui en prend la responsabilité
  • Porter une vigilance particulière lors des baignades dans des piscines « hors-sol » (non enterrées) qui n’ont pas de dispositif de sécurité

Pour les adultes :

  • Il n’est jamais trop tard pour apprendre à nager
  • S’informer sur les conditions météorologiques et, de manière générale, respecter les consignes de sécurité, les interdictions de baignade et choisir les zones de baignade surveillées signalées par les drapeaux de baignade, où l’intervention des équipes de secours est plus rapide
  • Tenir compte de son état de forme : ne pas se baigner si l’on ressent un trouble physique (fatigue, problèmes de santé, frissons) et ne pas surestimer son niveau de natation
  • Prévenir un proche avant de se baigner
  • Rentrer dans l’eau progressivement surtout après une longue exposition au soleil
  • Eviter la consommation d’alcool avant de se baigner

Depuis 2015, le ministère des sports a mis en place le dispositif « j’apprends à Nager », des cours gratuits de natation accessibles aux enfants de 4 à 12 ans pour faciliter l’apprentissage de la natation avant la rentrée en 6 ème. Un partenariat avec les collectivités ou les ligues sportives.

Cette année en PACA, 32 porteurs de projets se sont positionnés sur cette initiative dans les différentes communes. 

Le gouvernement a fixé un objectif de 800 bassins qu’il s’engage à financer à hauteur de 50%. La ministre des Sports a également annoncé l’implantation de bassins « mobiles » dans les quartiers populaires pour des cours express de natation.





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