Nice

le procès aux assises des agresseurs de Jacqueline Veyrac en 2016 commence lundi

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Jacqueline Veyrac, une riche hôtelière azuréenne, a été enlevée en plein jour le 24 octobre 2016 et retrouvée vivante mais ligotée dans une fourgonnette 48 heures plus tard. Le procès de 14 hommes débute lundi 4 janvier à la cour d’Assises de Nice.

Un restaurateur italien à la retraite rancunier, un ancien militaire sans ressource, un ex-paparazzi devenu détective et quelques voyous…: 14 hommes comparaissent lundi 4 janvier à Nice pour l’enlèvement rocambolesque en 2016 de Jacqueline Veyrac, 80 ans, une richissime hôtelière de la Côte d’Azur.

Principal protagoniste jugé par la cour d’assises des Alpes-Maritimes, un retraité de la restauration italien ruiné, Giuseppe Serena, 67 ans, évincé par la victime pour sa mauvaise gestion du restaurant gastronomique La Réserve en 2007. Accusé d’avoir commandité le crime pour financer un nouvel établissement avec l’argent de la rançon, accablé pendant l’enquête par ses complices présumés, M. Serena vouait une rancune tenace à Mme Veyrac, et à Nice, il sera aussi jugé, avec deux co-accusés, pour une précédente tentative d’enlèvement de l’hôtelière, commise en 2013.

En détention provisoire depuis plus de 4 ans, il a toujours nié les faits. « C’est un dossier rocambolesque », convient Me Corentin Delobel, l’avocat de M. Serena qui comparaît notamment pour « complicité d’enlèvement et tentative d’extorsion en bande organisée ». « Les autres se servent de lui comme bouc émissaire car il avait un contentieux avec Mme Veyrac. Il n’y aucun élément objectif à charge », dit-il.

Héritière notamment du Grand Hôtel de Cannes, un palace de la Croisette longtemps géré par son mari – qui, contrairement au propriétaire du Negresco, à Nice, avait choisi d’en dynamiter la façade Belle Epoque pour la reconstruire dans un style années 1960 -, Jacqueline Veyrac a toujours aspiré à la discrétion. Ce lundi 24 octobre 2016, vers 12H00, elle sort de la pharmacie, dans le quartier bourgeois et passant de Nice où elle habite et où sa famille possède plusieurs appartements. Son garage est derrière chez elle, et c’est là que deux hommes masqués fondent sur elle et l’embarquent dans un Kangoo blanc, volé et conduit par un troisième ravisseur. 

48 heures de calvaire

Une factrice est témoin et le pharmacien prévient la police. Nerveux, l’un des ravisseurs menace de la tuer si elle ne se tait pas. On lui prend son sac et le code de son portable. Le calvaire va durer 48 heures pour Mme Veyrac et sa famille. Ligotée au fond du véhicule stationné dans un quartier des collines de Nice, elle est forcée à boire un médicament destiné à l’endormir, empêchée d’aller aux toilettes. Elle tente à plusieurs reprises d’appeler à l’aide, frappe contre les portes, hurle, en vain. Ses liens sont resserrés et elle parvient seulement au bout de la deuxième nuit à se détacher et à attirer la curiosité d’un voisin qui la libère.

Parmi les personnages de l’affaire, un ancien militaire anglais sans ressource, Philipp Duton, 52 ans, qui a reconnu son implication. Egalement poursuivi pour la tentative d’enlèvement de 2013, il a réclamé la rançon de 5 millions d’euros dont il espérait 10%, et dont M. Serena devait prendre la moitié. Apparaît aussi dans le dossier un ancien paparazzi niçois devenu détective privé, Luc Goursolas, 50 ans, qui a reconnu avoir posé des balises sur la voiture de Mme Veyrac. Il assure avoir été sollicité pour la filature d’un amant infidèle de M. Serena et n’avoir jamais adhéré au projet criminel.

Trois hommes gravitant dans le quartier sensible niçois des Moulins et aux surnoms hauts en couleur (« Longo », « Sans dent » et « Ali les yeux bleus ») sont accusés du kidnapping et nient en bloc. Un quatrième, surnommé « L’Hindou », est accusé d’avoir servi d’intermédiaire et présenté le chef de l’équipe à M. Serena.

Deux Italiens, dont un jugé aussi pour la tentative d’enlèvement de 2013, apparaissent également dans l’enquête, accusés d’avoir fait des repérages. Enfin, cinq autres accusés, composant une autre équipe distincte chargée de la séquestration, ont été confondus par des traces d’ADN retrouvées dans la voiture. Un dernier mis en cause, mineur au moment des faits, a quant à lui été renvoyé devant un tribunal pour enfants.

Le procès devait initialement se dérouler au printemps 2020 mais il a été reporté en raison de la crise sanitaire.

 



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