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Nice

le parquet antiterroriste demande un procès aux assises pour 9 personnes

le parquet antiterroriste demande un procès aux assises pour 9 personnes
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La décision finale revient aux juges d’instruction antiterroriste, à Paris. Le parquet antiterroriste demande le renvoi de neuf personnes devant la cour d’assises spécialement composée dans l’enquête sur l’attentat de Nice, qui a fait 86 morts.

 Il y a 4 ans, 86 personnes perdaient la ville sur la Promenade des Anglais dans l’attentat du 14 juillet. Alors que Nice se prépare à rendre hommage à ses enfants disparus, on apprend que 9 personnes pourraient comparaître dans un procès d’assises. Un procès qui ne pourrait se tenir avant 2022.

L’enquête du parquet national antiterroriste s’est achevée dans le courant du mois d’avril et a abouti sur une demande de requalification des faits : pour les trois principaux suspects, le parquet national antiterroriste requiert l’abandon des poursuites pour « complicité d’assassinats ». Il veut qu’ils soient jugés, avec un quatrième, pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». L’auteur des faits, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien de 31 ans, avait été abattu par les forces de l’ordre le soir-même de l’attentat.

 

Cour d’assises ou correctionnelle ?

Si la justice antiterroriste trouve la thèse d’un soutien à caractère terroriste suffisamment solide, le procès pourrait avoir lieu aux assises, devant une cour spéciale.

Si non, il se tiendrait en correctionnelle, au risque de critiques sur un « fiasco » de l’instruction qui a suivi dès le début la piste d’un noyau « terroriste », jugée pourtant « fragile » y compris par des avocats des victimes.

Ce que l’on sait sur l’enquête


La clôture de l’enquête « ouvre une période de questionnement, qui doit être à la hauteur du drame », a réagi auprès de l’AFP Eric Morain, avocat de la Fenvac, principale association de victimes.

Avocats de l’un des suspects écroués, Chloé Arnoux et Florian François Jacquemin ont estimé que la clôture de l’information judiciaire, « d’une particulière longueur », était un « soulagement ».

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a fauché 86 vies avec son camion sur la Promenade des Anglais avant d’être abattu par les forces de l’ordre.

Celui-ci étant mort, le procès portera sur la question des soutiens de son entourage.

Huit personnes, dont quatre détenues, sont mises en examen dans cette enquête et une neuvième s’est suicidée en prison.

>>Voir l’émission spéciale consacrée à l’attentat de Nice, un an près :

Emission spéciale – Nice, 14 juillet – L’intégrale

Les protagonistes : 

  • Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l’assaillant

Tunisien âgé de 31 ans, chauffeur-livreur et père de trois enfants en instance de divorce, il n’était connu des services de police que pour des faits de vols ou violences conjugales. 

Selon les éléments dont l’AFP a eu connaissance, l’enquête a démontré le caractère prémédité de l’attaque mais a buté sur la question du mobile.


© FTV

Elle a cherché dans deux directions, celle d’une « radicalisation très rapide », comme évoquée par le ministre de l’Intérieur de l’époque Bernard Cazeneuve, tout comme celle de l’acte macabre d’une personne décrite par de nombreux témoins comme « instable », « torturée » ou « sadique ». 

La carte de séjour de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, auteur de l'attentat de Nice.

La carte de séjour de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, auteur de l’attentat de Nice.

© Police française / AFP

Lahouaiej-Bouhlel a été abattu par les forces de l’ordre au volant de son camion.

 

  •     Les connaissances ou proches 

Trois hommes, Chokri C., Mohamed G. et Ramzi A., ont reçu un SMS de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avec ce mot « Ada », le jour où l’auteur de l’attaque a effectué auprès de cette entreprise la réservation d’un camion de location. L’attaquant a finalement réservé un autre camion. 

Tous trois sont soupçonnés d’être concernés par un SMS et un message vocal de Lahouaiej-Bouhlel datant du soir de l’attaque : dans ces contenus, il demande à Ramzi A. des armes et indique que « Chokri et ses amis sont prêts » et se trouvent chez « Walid », surnom de Mohamed G.

Comme tous les autres mis en cause, ils contestent avoir eu connaissance du projet d’attentat.

  • Mohamed G., né en Tunisie en 1976 et de nationalité franco-tunisienne, s’est présenté spontanément à la police le lendemain de l’attentat et a évoqué une radicalisation récente de l’auteur de l’attaque. Il est monté dans le camion loué pour l’attaque par Lahouaiej-Bouhlel et a eu dans les mois précédents d’innombrables contacts et échanges avec lui. Dans des messages retrouvés par les enquêteurs, il a semblé se féliciter des attentats de janvier 2015. C’est un proche de Lahouaiej-Bouhlel.

 

  •  Egalement proche, Chokri C., né en Tunisie en 1979, de nationalité italo-tunisienne, a adressé un ambigu message Facebook en avril 2016 à Lahouaiej-Bouhlel auquel il disait : « charge le camion, met dedans 2000 tonnes de fer et nique, coupe lui les freins mon ami, et moi je regarde ». Il est également monté dans le camion.

 

  • Ramzi A., né en France en 1994 et connu des services de police, de nationalité franco-tunisienne, qualifie lui Lahouaiej-Bouhlel de simple « client » et conteste le connaître vraiment. Il est soupçonné d’avoir contribué à fournir une arme utilisée par Lahouaiej-Bouhlel.

 

  • Un quatrième proche, Hamdi Z., a été aussi mis en cause. 

 

  • Quatre autres personnes, un intermédiaire, Brahim T., et trois Albanais, Artan H., sa femme Enkeledja Z. et Maksim C., sont mis en examen, impliqués à des degrés divers dans le trafic qui a permis à Mohamed Lahouaiej-Bouhlel de disposer d’une arme de poing le soir des faits.

 

  • Une cinquième personne mise en cause dans ce volet, Adi E., s’est suicidée en détention.

 

> Notre page spéciale sur ce drame.

En parallèle de cette enquête, une instruction est en effet toujours en cours à Nice sur le dispositif de sécurité.

  (Avec AFP)

 





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