Nice

la mairie achète des terrains pour soutenir l’agriculture et contrer la bétonisation de sa commune

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Hervé Paul, le maire de Saint-Martin-du-Var (06), rachète des terres sur sa commune. L’objectif : aider des agriculteurs à s’installer, ainsi ils participent à l’économie locale et à l’agriculture biologique. Une initiative soutenue par le département. Trois agriculteurs en bénéficient.   

Le département des Alpes-Maritimes, perd chaque année une vingtaine de terrains agricoles. Mais pas question pour le maire de Saint-Martin-du-Var, Hervé Paul, de voir disparaître les agriculteurs de ses terres, au profit de structures immobilières.

Au pied des montagnes du Mercantour, il guette donc les terrains à vendre sur sa commune, les rachète, et les loue à moindre coût. Son objectif, aider les agriculteurs à s’installer et à vivre de leurs récoltes, la seule contrainte : produire exclusivement en bio.

Plus de vert et moins de béton 

Sur le plateau du Var, l’augmentation du prix des terrains agricoles et leurs raretés, rendent difficiles l’installation des agriculteurs. Pour éviter la spéculation de ces parcelles par des particuliers, la mairie investit. 

La seule façon pour que de jeunes agriculteurs s’installent aujourd’hui, c’est que ce soit la force publique qui fasse l’acquisition 

Herve Paul, maire de Saint Martin du Var

Depuis 2007, les terrains qui longent la route nationale 202, au niveau de la commune ont été placés en « terres agricoles ». En d’autres termes, il n’est plus possible de construire dessus.

Parmi eux, la mairie a acheté une parcelle de 25.000 m², louée à deux agriculteurs depuis deux ans. Une initiative soutenue par la Chambre d’agriculture 06 et le Département des Alpes-Maritimes, comme le souligne le député Eric Ciotti, alors président du département en 2019  : 

Suite à un appel d’offres au printemps 2020, une autre parcelle a été louée au nord du village.

« On recevait des demandes ubuesques de citadins qui avaient besoin de nature après le confinement, une seule candidature viable par rapport au projet souhaité pour ces terrains, a retenu notre attention », explique Arnaud Lenormand, Directeur Général des Services de la Commune (DGS) de la commune.

Un seul agriculteur s’est donc installé sur ces 3500 m² de parcelle.

 Il s'agit d'un terrain plat d'une superficie de 3 500 m2 de surface agricole utile en amont de Saint Martin du Var.

Il s’agit d’un terrain plat d’une superficie de 3 500 m2 de surface agricole utile en amont de Saint Martin du Var.

© Chambre d’agriculture 06

Les terrains proposés sont extrêmement fertiles car ils sont situés dans le lit majeur du fleuve le Var. Le coût total de ces opérations s’élève à 850 000 euros. Les loyers sont d’environ une cinquantaine d’euros par mois.

Les prix varient en fonction de l’ensoleillement ou la qualité de la terre,

précise le DGS.

 La mairie ajoute : « on ne le fait pas dans un but financier, on le fait dans un but de qualité de vie. » Une position assumée : plus de vert et moins de béton dans la commune. 

« Sans l’aide de la mairie, c’était impossible »

Claude Antoniazzi, à la tête de la pépinière botanique de la Madone, est le dernier agriculteur à avoir bénéficié de ce « programme ». Il s’est spécialisé dans les herbes aromatiques et les plantes exotiques comme les avocatiers, les bananiers et les fruits tropicaux. Installé depuis septembre, il faudra attendre 5 à 10 ans pour que ses plantations arrivent à maturité. 

 Il y a très très peu de terrains disponibles, sans oublier les coûts à l’achat,

rappelle Claude Antoniazzi

L’aide précieuse de la mairie enchante également ses deux prédécesseurs, qui se partagent le premier terrain depuis deux ans. 

« Je suis un enfant de la vallée » confie Franck Clere, qui cultive des légumes de saison.  « Etre agriculteur, c’est très compliqué à cause du prix du foncier, aujourd’hui avec ce système, c’est plus avantageux », mais il précise également : « moi tant que je subviens à mes besoins, que je peux manger des bons légumes et que j’arrive à ma retraite comme ça, je suis très content. »

Une profession qu’il a choisie par amour de la terre : 

Je ne suis pas là pour devenir riche

Franck Clere

"Moi tant que je subviens à mes besoins et que je peux manger de bons légumes, je suis content", Franck Clere, agriculteur aidé par la commune.

« Moi tant que je subviens à mes besoins et que je peux manger de bons légumes, je suis content », Franck Clere, agriculteur aidé par la commune.

© STEPHANE DE SAKUTIN AFP

Jonathan Béreau cohabite avec Franck Clere sur cette parcelle. A long terme, cet agriculteur souhaite pouvoir « nourrir les enfants du de la commune », notamment grâce à des partenariats avec les cantines scolaires.  

Dans le village, les habitants semblent apprécier ces décisions municipales : « c’est très bien ça fait travailler les jeunes » peut on entendre avec enthousiasme,  ou encore : « peut-être que dans cinquante ans il y aura des tours mais pour l’instant c’est du vert. » 

Vous aussi vous pouvez aider les agriculteurs 

Les terres agricoles les plus rares se trouvent sur le littoral et aux abords des villes. Des collectifs citoyens se mobilisent partout en France pour préserver ces terrains.

C’est notamment le cas de Terre de Liens, un mouvement qui rachète des terres agricoles et qui les loue ensuite à des agriculteurs. Elle a publié un guide en janvier 2021, pour réaliser des diagnostics sur la qualité des sols : 

Pour soutenir les actions menées par Terre de Liens, certains font des dons pour préserver les terres agricoles : 

 

Il est possible également d’investir dans une ferme sous forme d’un groupement foncier agricole, et ainsi de devenir actionnaire d’un bout de terrain.

Préserver les terres agricoles est un véritable enjeu national, puisqu’en 40 ans, le nombre d’agriculteurs a été divisé par quatre, selon l’INSEE.

Pour les surfaces, c’est quasiment l’équivalent d’un département français qui disparaît tous les 10 ans. 





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