Nice

la colère des professeurs de philosophie pour corriger des copies numérisées

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Dans les Alpes-Maritimes, comme partout en France, les professeurs de philosophie et les syndicats dénoncent la numérisation des copies du baccalauréat 2021. Retards de distribution, bugs informatiques, manque de formation et craintes d’être surveillés… certains ne décolèrent pas. 

« Santorin », ce nouveau logiciel de correction des épreuves du baccalauréat, n’a de paradisiaque que le nom. Pour les professeurs, cet outil mis en place par le ministère de l’Education nationale est loin de faire l’unanimité. Il participe même au sentiment de lassitude et de colère grandissant après cette année Covid compliquée. 

Pour la première fois, les copies de philosophie, seule épreuve écrite passée par les candidats, ne sont pas corrigées directement dans leur version papier, elles sont scannées et envoyées aux professeurs via ce logiciel. Une décision prise afin de réduire les déplacements des enseignants et la manipulation des copies. 

De nombreux dysfonctionnements ont été constatés par des enseignants, pour certains cette numérisation dénature le travail des correcteurs. 

Des copies rendues en retard 

Des copies reçues dans la nuit ou le week end, ou des lots parfois envoyés au compte-goutte, les enseignants se plaignent de nombreux retards.

L’explication possible, « l’extrême lenteur » du processus de numérisation. C’est en tout cas ce qu’affirme Sylvie Pénicaut la Secrétaire académique du SNPDEN Nice.

Ayant elle-même scanné les copies pour les envoyer aux correcteurs, elle décrit alors des soirées « extrêmement longues » avec un « matériel pas suffisamment efficace » : 

On a scanné des copies jusqu’à deux heures du matin, parfois il fallait aller au rectorat en urgence !

Avec ce réseau saturé, elle déplore aussi devoir réaliser cette tâche « fastidieuse » qui ne rentre pas dans le cadre de ses fonctions. Aucun moyen supplémentaire n’ayant été mis en place pour améliorer cette situation. « On savait que ça allait être une galère… », murmure- t-elle. 

Le secrétaire académique parle même d’un véritable « plantage » où les enseignants et chef d’établissement, n’ont même pas été accompagnés dans cette transition numérique imposée. 

Des bugs informatiques 

Mais une fois les copies reçues, d’autres difficultés viennent s’ajouter. « J’ai des collègues qui ont perdu des lots de copies, qui se sont effacés après correction. Moi j’ai reçu des lots inversés, incomplets ou à l’envers. Pendant deux matinées, le logiciel n’a pas fonctionné. On est obligé aussi de regarder des tutos réalisés entre nous pour comprendre comment ça fonctionne », souligne Julie Bagge professeur de philosophie à Drap dans les Alpes-Maritimes et membre du SNES FSU. 

Des problèmes d’anonymat des copies ont également été soulignés, comme la présence du nom ou de l’établissement des élèves, ainsi que les annotations de tiers temps pour les personnes en situation d’handicap. Ce qui est normalement interdit pour conserver l’impartialité des correcteurs. 

Julie Bagge se sent moins libre dans la correction de ses copies, difficile en effet de revenir en arrière de classer ses lots dans l’ordre qu’elle souhaite pour harmoniser ses notations.

A l’inverse, Bernier Burckel, professeur de philosophie dans un établissement niçois n’a quant à lui pas eu le sentiment d’avoir été impacté dans son travail : « j’appréhendais mais finalement tout s’est bien passé, après il faut être bien outillé et ce n’est pas le cas de tout le monde… »

« Big brother is watching you ? » 

C’est aussi la peur d’être surveillé qui fait monter au créneau certains enseignants :

nous avons un sablier qui nous indique combien de temps il nous reste pour corriger notre copie, on sait aussi nos temps de connexion avec un système de statistiques donc c’est assez anxiogène

reconnaît Julie Bagge. 

En cas de grève de certains, l’enseignante craint que le logiciel permette de rebasculer plus facilement les lots de copies entre les effectifs et donc de se retrouver avec des corrections supplémentaires non désirées. 

S’ajoutent à cela les heures interminables devant les écrans, les problèmes oculaires et de dos, ainsi que la lassitude généralisée du corps enseignant depuis la réforme Blanquer. 





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