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Deux jours après la fusillade des Liserons à Nice, les policiers patrouillent et les habitants sont inquiets

Deux jours après la fusillade des Liserons à Nice, les policiers patrouillent et les habitants sont inquiets
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Ce mardi après midi, une quarantaine de policiers ont investi les Liserons à Nice, dans les Alpes-Maritimes. Un dispositif exceptionnel mis en place suite à une fusillade entre communautés qui a fait trois blessés dont un grave dimanche soir.

A l’entrée des Liserons un point de contrôle. Pas celui des dealers qui enveniment le quotidien des habitants mais celui des policiers en opération. Ils contrôlent l’identité de toutes les personnes qui rentrent et sortent de ce quartier de Nice, placé juste à côté de l’autoroute A8.

Habitants excédés

Ce dispositif exceptionnel fait suite à une fusillade à l’arme lourde qui a fait trois blessés dimanche soir. Les élus on lancé un appel à l’État pour apaiser la situation suite à ces affrontements « intracommunautaires » selon la justice. Patrouilles, point de contrôle et même un hélicoptère de la gendarmerie en renfort, les forces de l’ordre sont présentes en nombre

« Protégez-nous, c’est tout! »

Satsita, habitante des Liserons

« Protégez-nous, c’est tout! »: Satsita tremble de colère. Dans son quartier HLM à Nice-Est, l’impasse est constamment obstruée par des conteneurs à poubelles pour faciliter le trafic de drogue et des incidents violents ont fait plusieurs blessés ces dernier jours.

Le quartier des Liserons, à l'est de Nice.

Le quartier des Liserons, à l’est de Nice.

© Olivier Orsini / France Télévisions

« Ici, tu peux pas rentrer, y a des poubelles partout alors que dans nos appartements, c’est comme ça! », dit-elle en indiquant d’un geste que tout brille de propreté dans son intérieur.

Arrivée de Grozny en 2008 pour fuir le conflit en Tchétchénie, cette Française de 55 ans, ancienne infirmière, est femme de ménage et réceptionniste d’hôtel, avec un mari handicapé qui attend un relogement. Elle, de son côté, n’a pas attendu et loue ailleurs, gênée par la délinquance.

« Ma mère est très bien ici. Les appartements sont grands, propres, beaux, mais là, elle a peur et elle veut déménager ».

Leila, niçoise qui rend visite à sa mère aux Liserons

« Tout le monde voit qu’ils nous bloquent », confirme Leïla, une autre Française, aide à domicile, qui revient souvent avec son bébé chez sa maman originaire du Maghreb installée aux Liserons. « Ma mère est très bien ici. Les appartements sont grands, propres, beaux, mais là, elle a peur et elle veut déménager ».

Le préfet des Alpes-Maritimes s’est rendu sur place lundi soir en compagnie des forces de l’ordre.

« Pas de problème entre communautés » mais « avec la drogue »

Des familles originaires de Tchétchénie ont organisé un point presse avec leur imam pour dénoncer l’amalgame entre les violences, la drogue et leur communauté.

« On n’a pas de problèmes entre communautés, on a un problème avec la drogue »

Baskhan Magamadov, imam aux Liserons

« On n’a pas de problèmes entre communautés, on a un problème avec la drogue », explique l’imam Baskhan Magamadov, flanqué du président niçois de SOS Racisme Ibrahima Njang et de la présidente de l’association Caucase France Noura Makaieva.

Il raconte que les incidents des derniers jours ont débuté par une altercation « pour rien », simplement pour passer dans la fameuse impasse bloquée par les vendeurs de drogue. Deux « frères tchétchènes ont été frappés », poursuit-il, à la barre de fer selon le parquet, et « le 2e jour, ça s’est répété avec des armes ».

Malgré son intervention, nouvelle salve dimanche soir. Pour les incidents de ces derniers jours, deux personnes ont été écroués pour tentative d’homicide en bande organisée et quatre convoquées pour le port d’un couteau.

Baskhan Magamadov (au centre), président de l'association UTIAM, et Noura Makaieva (à gauche), présidente de l'association Caucase-France, lors d'une conférence de presse dans le quartier des Liserons.

Baskhan Magamadov (au centre), président de l’association UTIAM, et Noura Makaieva (à gauche), présidente de l’association Caucase-France, lors d’une conférence de presse dans le quartier des Liserons.

© VALERY HACHE / AFP

Kira, 40 ans, un fichu noué sur la tête à la caucasienne, vient d’entendre sur BFM TV M. Estrosi déclarer que « dans un certain nombre de quartiers de France, la communauté tchétchène, face à d’autres communautés, lutte pour avoir le monopole du marché de la drogue ». « Les problèmes de stupéfiants, c’est nous qui les subissons 365 jours par an! », s’écrie-t-elle.

Dans son appartement, son fils de 12 ans, boursier d’un collège huppé de Nice, est en télétravail. Sur la table, un coran, une prise anti-moustiques, un ordinateur avec un dessin animé en russe. « Je sais qu’il y a deux ou trois familles tchétchènes qui souffrent avec leurs enfants impliqués dans le trafic. On n’est pas des saints, on est comme tout le monde » dit le père, ancien ingénieur pétrolier à Grozny. « On ne se plaint pas », ajoute-t-il. « Ici aux Liserons, on vit dans la merde, mais ce n’est pas du tout la même merde » qu’avant.





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