Nice

De quelle réalité la photo contemporaine nous parle-t-elle ?

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A Nice, dans la cour intérieure du 109.

Sur les mûrs, une galerie de clichés : portraits, animaux, natures mortes et paysages urbains bouleversent nos habitudes photographiques.
 

Une photo de Sinem Bostanci exposée au 109, à Nice, dans le cadre du Festival L'image satellite. / © FTV
Une photo de Sinem Bostanci exposée au 109, à Nice, dans le cadre du Festival L’image satellite. / © FTV

Pour ce cliché, Sinem Bostanci « a récupéré une image de la cité du Val Fleuri, reconstruit un décor floral devant, rephotographié l’installation finale », nous explique notre guide, Orphée Grisvard-Pontieux, le directeur artistique du Festival L’image satellite. « On est vraiment sur une image à plusieurs niveaux, avec de l’image réutilisée, remise en scène, retravaillée. »

Un peu plus loin, les photos du Suisse Beni Bischof : le portrait glamour d’une jeune femme, visage transpercé par un doigt à la place du nez.
 

Photos de Beni Bischof exposées à Nice dans le cadre du Festival L'image satellite. / © FTV
Photos de Beni Bischof exposées à Nice dans le cadre du Festival L’image satellite. / © FTV

« Beni Bischof récupère des photos qui ne sont pas les siennes au départ. Il les traverse, les modifie avec son doigt dans cette série « Les Métafingers ». Il est sur une entreprise de désacralisation de l’image. Pour nous bousculer, ne pas laisser le spectateur dans sa zône de confiance et l’entraîner ailleurs. »

A l’origine d’une photo contemporaine, y a-t-il toujours la réalité ?

« Pas toujours ! » réponde Orphée Grisvard-Pontieux.
 

Cette idée de savoir comment la photographie travaille le réel, c’est une question ontologique à la photo.  

Orphée Grisvard-Pontieux

Le 109 toujours, l’étage des ateliers d’artistes. Ici travaillent Anne Favret et Patrick Manez. Depuis des années ce couple de photographes parcourt le monde avec un appareil « à l’ancienne », doté d’une chambre noire. En Europe, ils mènent leur projet « Plan B », une série de photos dans les villes dont le nom commence par la lettre B.
 

Anne Favret et Patrick Manez, le couple de photographes niçois a été primé par le Festival L'image satellite en 2018. / © FTV
Anne Favret et Patrick Manez, le couple de photographes niçois a été primé par le Festival L’image satellite en 2018. / © FTV

 

La ville et le paysage urbain, ça permet, même sans faire des portraits, de lire comment va la société, et de lire les signes de l’histoire, de l’économie.  

Anne Favret

A Bruxelles, le couple a choisi de travailler « entre chien et loup, sur les petits commerces de coins de rue, pour parler de cette ville très cosmopolite ». A Bologne, il a travaillé sur son partrimoine universitaire. « Ce trait de son histoire est toujours très caractéristique, et façonne le paysage urbain ».

Photo documentaire ou artistique ?

Les deux ! « La photographie nous amène à travailler sur la réalité », complète Patrick Manez. « On sait que notre photo parle de quelque chose de concret. Mais ce qu’on veut, c’est amener notre propre lecture. Toujours essayer de lier les deux… c’est notre démarche. »

Au 109,  mais aussi à la galerie Unis-Vers-Photos, au Musée de la photopraphie de Nice qui donne carte blanche au Marseillais Gilles Pourtier, ou encore à Vence où sont exposés les oeuvres de Laurent Gontier et Patrick Tourneboeuf, le Festival L’image satellite, organisé par l’association Sept Off, laisse les photographes exprimer leur rapport au réel et à la création.
 

 

La photographie est belle parce qu’elle est en relation avec un au-delà de la réalité.

Pierre de Fenoÿl

Pour continuer à explorer cette pensée de ce grand nom de la photographie contemporaine, regardez notre Emission Point Cult, samedi 10 octobre à 19 heures 15, sur France 3 Côte d’Azur.

 



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