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De Nice à la vallée de la Roya, « Danser encore » est devenu l’hymne de ralliement du monde de la culture

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« Nous, on veut continuer à danser encore » chantait le groupe HK et les Saltimbanks, dans leur morceau sorti en décembre 2020.

Si ces artistes, originaires de Roubaix dans le Nord, assumaient vouloir continuer à danser, aujourd’hui ils savent qu’ils ne sont plus les seuls : leur titre « Danser encore », a déclanché une vague artistique sur l’Hexagone. 

Un message politique qui résonne d’autant plus fort, avec la Journée internationale de la danse de ce 29 avril  : 

Le morceau a tout d’abord été repris au début de ce mois d’avril, par une cinquantaine de musiciens, chanteurs ou danseurs au milieu du hall de la Gare de l’Est à Paris.

Et c’est maintenant au travers de « Flashmobs » dans toute la France qu’il est présent ! 

Tous les samedis, c’est devenu l’hymne d’un véritable mouvement de protestation artistique.

Ces rassemblements dénoncent les restrictions sanitaires et le mépris ressenti par les professionnels de la culture, privés de l’exercice de leurs activités, depuis maintenant un an : 

Dans les Alpes-Maritimes, ce mouvement est également mis en avant par différents artistes.

Une chanson fédératrice et engagée 

Le 25 avril, sur la place Masséna à Nice, environ 300 personnes se sont réunies pour « danser en coeur et encore ».

C’était un événement 100% artistique et totalement pacifique, on a besoin de vivre, de chanter et de danser

Alexandra Fuentes, l’organisatrice de cette mobilisation.

Nice, le 25 avril, Alexandra Fuentes danseuse et organisatrice du flash mob pour "danser encore"

Nice, le 25 avril, Alexandra Fuentes danseuse et organisatrice du flash mob pour « danser encore »

© Alendra Fuentes

En une semaine, cette danseuse, directrice artistique et chorégraphe niçoise, a organisé ce rassemblement via les réseaux sociaux. 

C’est après avoir visionné, « les yeux remplis de larmes », la prestation de la gare de l’est que cette artiste passionnée s’est lancée dans ce projet : 

Tous les jours je me réveille et j’ai la chanson dans la tête maintenant ! 

Alexandra Fuentes, danseuse

Pour cette mobilisation, qui a rassemblé environ 60 % d’artistes, Alexandra assure : « tout s’est bien déroulé, il y avait de la bonne humeur partout et j’ai eu vraiment d’excellents retours de la part des participants et des passants. » 

D’autres événements comme celui-ci, pourraient continuer à avoir lieu dans les semaines à venir à Nice, tout dépendra de l’évolution de la situation sanitaire : 

Alexandra Fuentes ajoute : « c’était un grand moment de partage, ça manquait ! Avec la journée internationale de la danse, j’incite vraiment tout le monde à danser… même dans sa voiture ».

En décembre dernier, une perfomance avait aussi été offerte aux enfants malades de l’hôpital Lenval de Nice.

La veille, le 24 avril, c’est sur le parvis de l’Opéra à Toulon, que des artistes se sont réunis pour danser et chanter à leur tour : 

Jusque dans les vallées … 

Dans la vallée de la Roya, on retrouve Nathalie Masseglia dite « Mazarine », cette habitante de Breil-sur-Roya depuis 47 ans, a partagé sur Facebook un clip vidéo où elle danse, les pieds dans la boue au milieu des « ruines » de son village, à cause des intempéries d’octobre dernier : 

Cette enfant du pays, artiste clown au sein de la compagnie « l’embrayage à paillette » et danseuse contemporaine chez « dodescaden », dénonce en poésie l’absence d’infrastructures décentes dans sa vallée.

Dans un second temps, elle interpelle sur les difficultés rencontrées par les artistes avec la crise sanitaire. Véritable militante, elle souhaite donc relancer la culture au sein de Breil-sur-Roya : 

« j’ai eu des phrases de locaux qui me disaient : quand tu réussiras tu pourras partir, mais moi j’ai réussi parce que justement je suis restée »

Nathalie Masseglia, artiste 

Un clip tourné sans préméditation, avec son frère lui-même intermittent du spectacle, pour crier leur « ras-le-bol ». Un sentiment d’injustice pour ces artistes, renforcé depuis la tempête Alex qui a tout balayé sur son passage : 

On a envie de danser, on soutient les gens de la culture évidemment, nous sommes concernés. Mais aussi c’est pour rappeler, qu’on vit encore dans ces conditions-là, les pieds dans la boue, il n’y a pas de manipulation. Si les salles de spectacle rouvrent un jour, quelle salle nous, nous avons ? Aucune. 

Nathalie Masseglia, artiste

L’artiste dénonce un village « laissé à l’abandon » et « l’absence de service public » mais pour elle, pas question de tomber dans le « misérabilisme ».

C’est par l’humour et l’art, qu’elle choisit de mener son combat, de faire un pied-de-nez à la situation, grâce à cette vidéo, qui atteint près de 60 000  vues.  

Nathalie Masseglia ajoute pour conclure : « Monsieur le président, vous nous avez fait des promesses, sept mois plus tard, il n’y a toujours rien !  » 

C’est également à Saorge, que la musique entrainante de « Danser encore », a continué de faire du bien dans la vallée de la Roya : 

Un véritable succès 

Désormais, le clip de « Danser Encore » comptabilise plus de 3 millions de vues sur YouTube et HK et les Saltimbanks ont été invités à venir jouer leur morceau, en guise de soutien, lors de nombreux rassemblements de protestation en France. 

Lors de sa mise en ligne en décembre dernier sur YouTube, ses interprètes ne se doutaient sûrement pas du futur potentiel fédérateur de ce morceau, qui rejoint celui de leur précédent titre « On lâche rien ».

Une phrase reprise dans de nombreuses manifestations : 

Même à l’international… 

Le succès du morceau n’est en tout cas pas près de s’arrêter. Après avoir été chanté à travers la France, d’autres pays « dansent encore » !  C’est le cas de l’Allemagne, l’Espagne, ou encore l’Italie qui proposent eux aussi, leurs versions de la chanson. 

Version Italienne « Danze encora » :

Collectifs d’artistes, écoles de danse, professionnels du spectacle en savent un peu plus quant à la reprise de leurs activités, stoppées avec le confinement, suite aux annonces d’Emmanuel Macron de 29 avril.

 





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