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De l’antique dans l’art contemporain ?

De l’antique dans l’art contemporain ?
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Sacha Sosno, c’est l’inventeur de la Tête Carrée.

D’abord on fait des choses tarabiscotées, et puis on simplifie les lignes, les traits… La simplification totale d’un visage… ce n’est plus qu’un carré.

expliquait Sosno en 2000, deux ans avant l’inauguration à Nice de sa Tête Carrée devenue la première sculpture monumentale habitée, abritant la bibliothèque Louis Nucéra. La Tête Carrée est une des oeuvres les plus emblématiques du travail de Sosno. Il l’a déclinée dans tous les matériaux, toutes les tailles, toutes les couleurs.
 

La Tête Carrée de Sacha Sosno, exposée entre deux têtes romaines. A gauche, la tête de l'empereur Claude, découverte lors des fouilles à Cimiez. A droite, une tête découverte sur le site du lycée du Parc Impérial, à Nice. Exposition "Sosno squatte l'Antiques" au musée archéologique de Nice. / © Robin Rico, FTV.
La Tête Carrée de Sacha Sosno, exposée entre deux têtes romaines. A gauche, la tête de l’empereur Claude, découverte lors des fouilles à Cimiez. A droite, une tête découverte sur le site du lycée du Parc Impérial, à Nice. Exposition « Sosno squatte l’Antiques » au musée archéologique de Nice. / © Robin Rico, FTV.

Inspirée de la Tête de Bénévent, sculpture datant du 1er siècle avant JC et retrouvée en Italie du Sud, la Tête Carrée est l’exemple le plus connu de la technique de l’oblitération, chère à Sosno : cacher pour mieux montrer… Ce principe qu’il a, dans sa carrière de sculpteur, appliqué à quantité de figures antiques : Vénus, Agrippa, le général romain qu’il a transformé en Guetteur, Alexandre, Antonia Minor et tant d’autres.

 

C’était son rêve d’exposer au musée archéologique de Nice.

Selon Mascha Sosno, l’épouse de l’artiste disparu en 2013, « Il travaillait sur notre mémoire collective. Nous avons tous appris, au collège ou au lycée, le latin, le grec, toutes ces histoires merveilleuses d’Apollon et d’autres. Sacha travaillant sur ces modèles-là, il était évident d’exposer au musée archéologique de Cimiez. C’était son rêve ».
 

Pour l’exposition « Sosno squatte l’Antique », ce sont donc 70 oeuvres que Mascha Sosno a sélectionnées. Elles sont exposées aux côtés des vestiges romains à l’intérieur du musée, mais aussi au grand air, en plein coeur du site archéologique de Cimiez, lieu de l’ancienne Cemenelum, capitale de la province romaine Alpes Maritimae, au 3ème siècle.

 

Cette exposition montre la continuité entre l’époque romaine et ce qui se fait aujourd’hui.

constate Bertrand Roussel, le directeur des musées d’archéologie de Nice, co-commissaire de l’exposition avec Mascha Sosno.

« Grâce à elle, on va regarder autrement le site archéologique et le musée, et en même temps ce rapport au site permet de regarder différemment les oeuvres de Sacha Sosno. »

Transformer, oblitérer, « cacher pour mieux montrer » ces figures antiques. Sacha Sosno n’a de loin pas été le seul à se réapproprier l’art grec ou romain.
 

Pour Ingres, ou pour Picasso, la valeur d’une oeuvre n’est pas son authenticité, mais ce qu’elle permet de se remémorer : c’est la valeur du souvenir.

explique Jean-Baptiste Pisano. Professeur d’histoire de l’art à Université Côte d’Azur, il a beaucoup étudié l’oeuvre de Sosno.

« L’art antique est un réservoir inépuisable de sujets, de références. Sosno est un des artistes à reprendre nombre de ces sujets, mais c’est un continuum à travers l’histoire de l’art. En particulier chez les artistes modernes. André Masson, avec le Minotaure, et toutes les séries de Picasso dans les années 30 autour du Minotaure. » Magritte a lui notamment beaucoup travaillé sur la Vénus de Milo, redécouverte en 1820, « l’un des exemples les plus célèbres de réappropriation dans l’histoire de l’art », selon Jean-Baptiste Pisano. « Son absence de bras permet toutes les reprises, tous les détournements. Sosno s’en est emparé, Arman aussi dans les années 2000 ».
 

La Vénus de Milo oblitérée par Sacha Sosno. Exposée dans le cadre de l'exposition "Sosno squatte l'Antique", au musée archéologique de Cimiez, à Nice. / © Robin Rico, FTV.
La Vénus de Milo oblitérée par Sacha Sosno. Exposée dans le cadre de l’exposition « Sosno squatte l’Antique », au musée archéologique de Cimiez, à Nice. / © Robin Rico, FTV.

Jusqu’au travail de la jeune garde contemporaine, dans les années 2000. Exemple avec le travail de réappropriation de l’Hermaphrodite endormi, sculpture du 2ème siècle avant JC qui repose, au Louvre, sur un matelas sculpté au 17ème siècle par l’Italien Le Bernin. « En 2008-2010, l’artiste américain Barry X Ball reprend la copie pour en faire une oeuvre originale… là, on se perd un peu dans le vrai du faux… c’est une histoire sans fin ! »

En attendant la réouverture des musées, plongez dans cette histoire en regardant notre émission Point Cult’ samedi soir à 19 heures 15 sur France 3 Côte d’Azur, et réagissez à l’émission avec #Pointcult.



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