Nice

Cinq ans après l’attentat, comment les Niçois de cœur ou de naissance voient-ils leur promenade des Anglais ?

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Le visage de la promenade des Anglais a changé depuis ce terrible soir du 14 juillet 2016. Cinq ans après, nous avons voulu savoir ce que pensent ceux qui se rendent, souvent ou exceptionnellement sur ce lieu symbolique de la ville de Nice.

Robert et Nicole viennent sur la promenade des Anglais jusqu’à deux fois par jour. Assis sur les fameuses chaises bleues, monsieur rempli ses mots fléchés et madame regarde la mer.

Ces retraités niçois n’ont « pas d’appréhension » quand ils viennent sur ce lieu que les habitants de la ville surnomment affectueusement « la Prom' ». Pourtant, autour d’eux, des installations discrètes rappellent le risque d’un possible attentat. Elles ont été mises en place pour empêcher toute nouvelle intrusion de véhicule. 

Ces câbles tendus aux abords du site n’étaient pas là ce soir du 14 juillet 2016, quand le conducteur d’un camion a fauché volontairement des centaines de personnes, faisant 86 morts et plus de 200 blessés. 

Des filins de protection ont été installés aux abords de la promenade des Anglais pour éviter toute intrusion.

Des filins de protection ont été installés aux abords de la promenade des Anglais pour éviter toute intrusion.

© Laurent Verdi / France Télévisions

Un peu plus loin un autre niçois profite aussi de la vue sur la baie des Anges, torse-nu, face au soleil. Daniel était présent le soir de l’attentat, parmi la foule qui regardait le feu d’artifice. « Ça s’estompe. Le temps est fait pour ça, dans le bon et le mauvais sens » explique-t-il quand on lui demande s’il pense toujours à ce soir-là quand il vient sur la promenade des Anglais.

« Beaucoup de touristes me demandent où ils peuvent se recueillir ». Daniel regrette que le mémorial dédié aux victimes de l’attentat ne soit pas plus visible pour rappeler ce drame à ceux qui l’ont oublié mais il comprend le choix des associations de victimes de l’avoir installé à quelques pas de la promenade des Anglais, villa Masséna. 

Un mémorial accessible, où l’on peut voir les visages de nombreuses victimes et où ceux qui le souhaitent peuvent laisser un mot sur un livre en leur mémoire. 

Le nom des victimes est inscrit sur ce cœur, au-dessus du mémorial de la villa Masséna, juste à côté de la promenade des Anglais.

Le nom des victimes est inscrit sur ce cœur, au-dessus du mémorial de la villa Masséna, juste à côté de la promenade des Anglais.

© Laurent Verdi / France Télévisions

Le temps fait son oeuvre

Les familles et les proches des victimes rappellent sans cesse l’importance de se souvenir de ceux qui ont perdu la vie et qui ont été blessés le soir du 14 juillet. Lors des cérémonies en 2020, elles ont regretté l’absence de la presse nationale et ont eu le sentiment d’êtres oubliés comme le rappelait alors Thierry Vimal, qui avait perdu sa fille de 12 ans le soir de l’attentat.

Presque cinq ans après les faits, seuls les victimes ou les Niçois sont directement touchés par ce drame. « Je vous avoue que je n’y ai pas pensé » affirme Timothy. Arrivé de Paris en mars dernier, cet ouvrier prend sa pause en fumant sa cigarette face à la mer. « Avec tout ce qu’on a vécu à Paris… » ajoute-t-il avant de rajouter qu’il « se sent en sécurité » grâce au dispositif anti-intrusion installé par la mairie de Nice après l’attentat. 

Autour de lui, des dizaines de touristes vont et viennent le long des 7 kilomètres de la Prom’. Combien savent ce qui s’est passé le soir du 14 juillet 2016 ? Très peu. Il reste quelques inscriptions à la craie sur le sol, là où le camion a roulé emportant avec lui des centaines de personnes.

Des touristes prennent un autoportrait à côté d'un dessin réalisé en mémoire des victimes de l'attentat de Nice.

Des touristes prennent un autoportrait à côté d’un dessin réalisé en mémoire des victimes de l’attentat de Nice.

© Laurent Verdi / France Télévisions

« L’amour triomphera toujours », l’inscription à la craie et aux couleurs bleu, blanc et rouge s’efface peu à peu. Nombreux sont ceux qui marchent dessus sans même se rendre compte qu’elle est là et sans savoir ce qu’elle représente. 

À part ces inscriptions et un cadre abîmé, contenant le portrait d’une des victimes, rien ne rappelle ce qui s’est passé le long de la promenade ce soir du 14 juillet 2016. 

"L'amour triomphera toujours", sur le sol, le dessin en mémoire des victimes de l'attentat de Nice s'efface peu à peu.

« L’amour triomphera toujours », sur le sol, le dessin en mémoire des victimes de l’attentat de Nice s’efface peu à peu.

© Laurent Verdi / France Télévisions

Pas la force de revenir

Au milieu du parcours emprunté par le terroriste ce soir du 14 juillet, se trouvait le kiosque à journaux de Christian Mistura. Il se rappelle le souvenir de Raymonde Maman. Cette niçoise a perdu la vie à 77 ans, fauchée par le camion. Avec son mari, elle tenait un bureau de tabac juste à côté du kiosque à journaux, boulevard Gambetta.

Le kiosque à journaux de Christian Mistura est situé sur la promenade des Anglais, sur le lieu de l'attentat.

Le kiosque à journaux de Christian Mistura est situé sur la promenade des Anglais, sur le lieu de l’attentat.

© Laurent Verdi / France Télévisions

« J’ai des amis, ils ne retourneront jamais sur la promenade » explique-t-il. « Une dame venait souvent courir ici, depuis elle court à Cimiez ». Le souvenir du drame est encore trop présent pour de nombreux niçois et si certains ont réussi à surmonter cette épreuve à l’aide du temps, d’autres ne pourront plus remettre les pieds sur cette promenade où le sang de tant d’innocents a coulé le 14 juillet 2016.





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