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abstention record dans le Var et les Alpes-Maritimes, faut-il réformer le vote ?

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Le premier tour des élections départementales et régionales a été marqué par une très forte abstention, tant à l’échelle nationale que locale. Dans les Alpes-Maritimes, plus de 65 % des inscrits ne se sont pas déplacés aux urnes. Ce pourcentage grimpe à 67 % dans le Var.  

Ce dimanche 20 juin, les électeurs ne se sont pas bousculés dans les bureaux de vote.

Dans les Alpes-Maritimes, seuls 34,53 % des inscrits sont allés déposer leur bulletin pour le premier tour des élections départementales (contre 48,57 % en 2015). Pour les régionales, ce chiffre descend à 34,42 % (52,87 % en 2015). 

La tendance est similaire dans le Var : le taux de participation s’élève à :

  • 33,03 % pour les départementales (49,77 % en 2015 au premier tour)
  • 32,98 % pour les régionales (contre 51,87 % en 2015). 

Fait intéressant : cette année sur la Côte d’Azur, les régionales ont attiré moins d’électeurs que les départementales, contrairement au dernier scrutin. 

Selon une estimation Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions/Radio France/​LCP-AN Public Sénat, l’abstention en France s’élèverait en moyenne à 66,1 % pour ce premier tour, en hausse de 16 points par rapport à 2015.

La faute au Covid-19 ? 

Comment expliquer cette abstention aussi massive ? Certains seront tentés de dire que la crise sanitaire a joué un rôle. Mais pour le député LREM des Alpes-Maritimes Loïc Dombreval, invité sur le plateau de France 3 Côte d’Azur dimanche soir, le problème n’est pas là. 

La Covid a beau jeu dans cette affaire. (…) Ce qui est clair, c’est que ce n’est pas la seule explication à l’abstention, loin de là. C’est une façon, au fond, de ne pas se remettre en question sur les autres motifs de l’abstention

Loïc Dombreval député LREM des Alpes-Maritimes.

Un avis que partage Eric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes, également présent lors de notre soirée électorale.

« Depuis 20 ans, il y a de plus en plus de gens qui ne vont pas voter. Ça doit interpeller les politiques de tous bords. »

Selon le politologue Pascal Perrineau, qui enseigne notamment à Sciences Po Menton, les confinements consécutifs ont modifié les comportements des électeurs, « qui se sont repliés sur leurs cercles familiaux et amicaux, et ont mis à distance la vie publique ». Toutefois, il est convaincu que le désinvestissement citoyen est aussi structurel. 

Depuis maintenant quelque temps, la démocratie représentative connaît une crise. L’élection présidentielle commence à être concernée, mais les régionales et les départementales sont touchées de plein fouet. Les gens ne s’y retrouvent pas, car ils ne savent pas de quoi il s’agit.

Pascal Perrineau, politologue et professeur à Sciences Po Menton.

Selon un autre sondage Ispos/Sopra Steria réalisé pour les régionales 2021, 39 % des abstentionnistes indiquent en effet que « ces élections ne changeront rien à leur vie quotidienne ». Ils sont aussi 21 % à estimer que « les conseillers régionaux n’ont pas beaucoup de capacité d’action ». 

Sur ce point, Loïc Dombreval est formel. « En France, on est insuffisamment décentralisé : il faut que l’Etat central délègue plus de responsabilités et décentralise plus pour donner plus de pouvoir aux départements et aux régions. »

Faut-il réformer le vote ?

Pour le député LR Eric Pauget, « la démocratie s’use quand on ne s’en sert pas et ça peut devenir très grave. » Le député estime que les élections doivent être réinventées. « Le vote obligatoire, la reconnaissance du vote blanc, le vote électronique… Il y a un tas de choses qu’on doit pouvoir mettre sur la table pour en débattre sereinement. »

Pour « le marcheur » Loïc Dombreval, se déplacer pour aller voter relève aujourd’hui de l’ineptie. 

Au 21e siècle, on en est encore à se déplacer avec sa voiture pour mettre un petit bulletin en papier dans une enveloppe, derrière un rideau, la fermer et la mettre dans une urne. Aujourd’hui, les Français télétravaillent, ils pourraient tout à fait télévoter.

Loïc Dombreval, député LREM des Alpes-Maritimes sur le plateau de France 3 Côte d’Azur.

Pascal Perrineau est plus partagé. « On est aujourd’hui dans des procédures limpides et régulées. Le vote électronique pourrait être une option mais il pourrait y avoir des accusations de fraude, car la sécurisation de ce système reste limitée. Et en ce qui concerne le vote obligatoire, je n’y crois pas : pour réinventer la démocratie, il ne faut pas forcer les électeurs. »

Le second tour des élections départementales et régionales se tiendra le dimanche 27 juin. L’abstention sera-t-elle aussi forte ? En 2015, elle avait atteint 48,82 % (départementales) et 40,24 % (régionales) dans le Var.

Du côté des Alpes-Maritimes, les taux étaient plus faibles : 52 % (départementales) et 38,45 % (régionales).





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