Nice

à Nice, des actions organisées pour la journée internationale des droits des femmes



La journée internationale de lutte pour les droits des femmes se tient chaque année le 8 mars. À cette occasion, le Collectif pour les Droits des Femmes 06 organise deux actions : une marche est prévue ce samedi et un appel à la « grève féministe » sera lancé lundi. 

En 2021, la question des droits des femmes reste d’actualité. Égalité salariale, violences, charge mentale : autant de thèmes qui seront abordés à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes le 8 mars prochain. À cette occasion, le Collectif pour les Droits des Femmes 06, qui regroupe une petite trentaine d’organisations citoyennes et politiques, organise deux actions à Nice.

Une marche doit tout d’abord se tenir ce samedi 6 mars, entre 14 heures et 16 heures, entre la place de la Libération et la place Masséna. Banderoles, tracts et peut-être fumigènes seront de sortie dans un contexte très particulier : les habitants d’une soixantaine de communes des Alpes-Maritimes, dont Nice, ont en effet pour obligation de rester confinés chez eux le week-end depuis le 5 mars dernier.

Des actions symboliques

« On ne sait pas s’il y aura du monde », confie Florence, membre du Collectif pour les Droits des Femmes 06. « Mais la portée de cette action est avant tout symbolique : nous voulons descendre dans la rue pour montrer notre colère et afficher nos revendications. Nous avons également demandé aux participants de revêtir un vêtement violet, couleur du féminisme. » 

Cette première marche sera suivie d’une nouvelle manifestation le lundi 8 mars : le cortège défilera de la place Garibaldi à la place Masséna, en passant par la Promenade des Anglais. Les femmes et leurs soutiens sont également appelés à la « grève féministe ». 

Nous les incitons à stopper le travail, les corvées ménagères ou toute autre tâche que l’on prête habituellement aux femmes. Si ce n’est pas possible, on peut aussi porter un brassard, coller des affiches ou sensibiliser ses collègues à la question.

Florence, membre du Collectif pour les Droits des Femmes 06.

Défendre les « premières de corvée »

Pour le Collectif pour les Droits des Femmes 06, la pandémie a particulièrement mis en lumière les inégalités qui existent entre femmes et hommes. Dans une étude Harris Interactive, parue en avril 2020 pendant le premier confinement, 58 % des femmes en couple estimaient assurer la majorité des tâches ménagères et éducatives au sein du foyer. 

Mais au-delà du partage des corvées ménagères, la crise sanitaire a aussi soulevé d’autres problèmes de taille. « Les ‘premières de corvée’ sont indispensables au bon fonctionnement de la société : elles sont infirmières, caissières ou encore femmes de ménage. Mais elles sont bien trop souvent contraintes de travailler à temps partiel et pour des salaires très bas », avance Florence.  

En effet, selon les données de l’Insee en 2017, les femmes gagnent en moyenne 23 % de moins que les hommes, tous temps de travail confondus, et 16,8 % de moins à temps de travail équivalent. 

La question centrale des violences faites aux femmes

Ces derniers mois, les confinements et couvre-feux successifs ont aussi révélé de graves cas de violences intrafamiliales : rien qu’entre le 16 mars et le 10 mai 2020, 45 000 appels ont été passés au 3919, un numéro destiné à venir en aide aux femmes violentées.

Selon le collectif féministe Nous Toutes, 96 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2020. Ce chiffre très alarmant reste toutefois en baisse par rapport à l’année précédente. En 2019, on recensait 153 victimes.

Autre point : publié en janvier 2021, le livre La familia grande de Camille Kouchnerqui aborde la question de l’inceste, a fait l’effet d’un électrochoc et libéré la parole de centaines de victimes. Quelques semaines plus tard, même raz-de-marée dans l’enseignement supérieur : des internautes ont dénoncé la « culture du viol » dans des écoles prestigieuses telles que Sciences Po et l’inaction de la direction de ces établissements. Ces sujets révoltent Florence, pour qui il est temps d’agir.

Nous sommes en faveur de l’allongement de la période de prescription pour les victimes de viol. Nous souhaitons aussi une meilleure prise en charge institutionnelle de ces personnes, notamment lorsqu’elles décident d’aller porter plainte.

Florence, membre du Collectif pour les Droits des Femmes 06.

Pour la militante, il faut à présent tout miser sur l’éducation des jeunes garçons et des jeunes filles, dès leur plus jeune âge. « D’une part pour repérer les victimes au plus tôt, mais aussi pour inculquer les valeurs de respect et, à terme, éradiquer les comportements violents et sexistes », conclut-elle. 





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