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à 94 ans, l’ancien coureur Vincent Vitetta attend avec impatience le grand départ à Nice

à 94 ans, l’ancien coureur Vincent Vitetta attend avec impatience le grand départ à Nice
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Dans les années 1950, le Niçois Vincent Vitetta écumait les routes et engrangeait les victoires d’étapes sur le Tour de France, faisant même parfois concurrence à Louison Bobet. Soixante ans plus tard, il verra passer le peloton dans son quartier de Riquier à Nice, à l’occasion du grand départ 2020.

On dit que le vélo, « ça ne s’oublie pas« . Alors lorsqu’on présente à Vincent Vitetta le vélo avec lequel il courait dans les années 1950, l’ancien cycliste lâche sa canne et oublie un instant ses 94 ans pour grimper dessus. « Ça me rappelle le bon temps« , jubile-t-il devant sa femme inquiète de le voir « se casser la figure« .

À son époque, celle de Fausto Coppi, Louison Bobet ou encore Raphaël Geminiani, le monde professionnel cycliste était tout autre. « Quand vous creviez, se souvient le nonagénaire, vous étiez obligé de réparer votre vélo. C’est pas comme à présent qu’on soulève la main et on vous apporte une roue. » Vincent Vitetta a même appris naissance de sa file pendant une course.

 

Cycliste dans les années 1950, le Niçois Vincent Vitetta parle de Louison Bobet



©France 3 Provence-Alpes-Côte-d’Azur

8e du Tour de France 1954

Sur la table du salon, son épouse a ressorti les photos noir et blanc et les coupures de presse un peu jaunies. Vainqueur du Tour d’Algérie en 1952 (course qui fut professionnelle entre 1949 et 1953), Vincent Vitetta affiche pas moins de six participations au Tour de France, de 1951 à 1956. Lors de l’édition 1954, il grimpe même à la 8e place du classement général. Cette année-là, le grand Louison Bobet remporte la victoire finale au Parc des princes.

« Il ne me voulait pas dans son équipe, rappelle Vincent Vitetta à propos du Breton. Il m’a dit « non, toi tu peux gagner ». J’avais beau lui dire que je pouvais l’aider, il n’avait pas confiance en moi ! » Jusqu’au jour où le Niçois le lâche dans un col. « Il a envoyé une moto pour me demander que je l’attende. J’ai répondu qu’il devait venir me chercher, je n’étais pas dans son équipe moi ! »

 

Gisèle Vitetta raconte ses plus grandes frayeurs de son mari, coureur dans les années 1950



©France 3 Provence-Alpes-Côte-d’Azur

Tempête de neige et petits arrangements

Parmi les souvenirs de sa vie de coureur cycliste, Vincent Vitetta retient surtout des souffrances : une crevaison dans le tunnel de Tende où les voitures suiveuses le frôlaient, une tempête de neige qui l’a contraint à se réfugier dans un restaurant pour éviter de mourir de froid… et puis il y a aussi les petits arrangements, négociés en pleine course.

« Un jour dans le col de la Charbonnière [dans les Vosges, NDLR], une moto vient à ma rencontre pour me signifier qu’Hassenforder voulait que je l’attende, mais moi je voulais gagner. Il était prêt à payer, raconte le Niçois. Il ne propose une somme, je n’étais pas d’accord. Alors on a marchandé, la moto a fait la navette quatre ou cinq fois, et à la fin on s’est mis d’accord pour que je le laisse gagner chez lui [Hassenforder est Mulhousien, NDLR]. »

Soixante ans après ses exploits, celui qui a aujourd’hui le souffle court va quand même descendre pour voir les coureurs passer près de chez lui dans le quartier Riquier où il habite. Si les années lui ont volées ses jambes de grimpeur, sa passion de vélo, elle, reste intacte.

 



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